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Mercredi 13 novembre
Saint Brice
Evêque de Tours (✝ v. 444)

Betty Bourion tisse une toile tout en couleurs



“Toi, plus moi, plus eux, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et tous ceux qui sont seuls, allez venez et entrez dans la danse, allez venez...” Lorsqu’elle se rend à son travail, Betty Bourion ne chante certainement pas à tue-tête ces quelques paroles empruntées à une chanson à la mode. Pourtant, l’invitation au rassemblement et à la joie colle bien au métier de l’animatrice de proximité des neuf communautés de Saint-Goëry.

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Depuis maintenant six ans, Élisabeth, c’est le “vrai” prénom de Betty, rejoint les différents relais paroissiaux pour y rencontrer le délégué et l’ensemble des personnes qui apportent leur concours à l’Église. Il s’agit alors pour Betty de faire le point. “De voir ce que l’on peut faire ensemble, autour de nous, dans les quartiers...”
L’animatrice vient aider à tendre une main fraternelle vers ceux qui sont restés sur le bord du chemin. “Ils sont des pierres de l’Église et ils la construisent...” Avec toute la passion qui l’anime lorsqu’elle évoque son travail au sein d’un poste créé pour un mi-temps il y a 6 ans, Betty Bourion explique que lors de son arrivée elle a appris à connaître l’Église. Pour mieux la servir. Un soutien appréciable lui est acquis, auprès de sa hiérarchie, mais notamment aussi auprès du Secours Catholique, des Conférences Saint-Vincent de Paul, de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne...

Si vous lui posez la question de savoir où se trouve son bureau, vous allez faire bien rire Mme Bourion ! “Mon bureau ? C’est ma voiture, je me déplace avec ma Twingo, pour aller là où sont les gens !” Des associations fournissent des indications, le bouche-à-oreille fonctionne également très bien.
“Attention, je ne suis pas une assistante sociale, je viens proposer des choses à faire, mais en n’oubliant pas que c’est l’Église qui m’envoie. Il m’est arrivé de rencontrer des femmes qui ont perdu leur identité chrétienne. On parle de problèmes du quotidien ; autour d’un livre, d’un café, il s’en dit des choses ! Certains sont tombés. Il faut rendre confiance, en prenant toujours chacun en considération, dans sa dignité d’homme...”

Parmi bien des résultats satisfaisants, l’action menée a permis à des femmes de faire des projets. Un groupe a même réussi à mettre en route une association. “Je les ai guidés dans leur démarche. Tout cela s’est concrétisé par des rencontres, par un spectacle, un vide-grenier...”
Son besoin de partage, Betty l’a peut-être puisé dans sa condition de fille unique. Dans ses moments d’enfance, ceux d’une petite fille, gamine un peu trop seule au milieu des grandes personnes. Mariée, maman de Mickaël, 26 ans et d’Alicia 21, Mme Bourion conduit sa tâche sans faiblir. “Quand on a commencé un investissement, on doit aller jusqu’au bout !
J’accompagne des adultes, mais aussi des jeunes. Il faut faire attention, ils sont souvent écorchés vifs, et même épluchés... ! Il faut les comprendre, entrer dans leurs familles, sans se poser trop de questions... Sinon, peut-être que l’on n’irait pas.
Il ne s’agit pas de reculer, ce serait pire encore pour eux !”

Une mission tellement enrichissante

Ainsi se tisse petit à petit une véritable toile. D’un point à l’autre des contacts s’allument, et puis encore d’autres, et d’autres... L’ensemble se rejoint pour illuminer une palette de solidarité, d’amitié, d’affection.

Betty trouve le temps de coiffer à domicile. Encore une façon d’aider, en écoutant. “J’essaie de comprendre, même s’il est bien difficile de tout comprendre... Mais, en réfléchissant, avons-nous le droit de demander aux gens d’être comme on voudrait qu’ils soient ? Il faut les accepter comme ils sont ; si besoin en est, les aider à se relever, chacun avec ses moyens. Ce n’est pas un boulot, c’est une mission formidable, une mission épuisante certes, mais tellement enrichissante...”

Depuis quatre ans, Betty Bourion exerce un second mi-temps comme salariée de l’aumônerie au collège Clémenceau. Un camp de vacances tous les ans, des activités manuelles, des discussions, des repas pris en commun en toute simplicité... Les enfants des classes de SEGPA ont besoin d’elle.
Les yeux de Betty brillent tout fort lorsqu’elle évoque la décision d’un gamin de 15 ans de se préparer au baptême. “Derrière leurs bonnes bouilles d’enfants, se cachent parfois des secrets à fleurs de peau... Beaucoup de ces jeunes ont déjà un vécu qui peut être lourd... Il faut faire attention, les laisser s’exprimer... Il faut que cela marche, ils ont une richesse en eux, tout cela est tellement merveilleux...”

Envoyée par l’Église, là où sont les gens, Betty noue des trames d’espoir, brin par brin... “Toi, plus moi, plus eux, plus tous ceux qui le veulent, plus lui, plus elle, et tous ceux qui sont seuls, allez venez...”

Josée Tomasi-Houillon

Publié le 15/12/2010 par Alice.