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Jeudi 18 avril
Saint Parfait de Cordoue
Prêtre et martyr à Cordoue (✝ 850)

Claude Antoine, trésorier bénévole, ne compte pas son temps !

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Natif de Fresse sur Moselle dans les Hautes-Vosges, il n’était âgé que de 17 ans lorsqu’il est entré dans la profession d’employé de banque. Il quittera son village natal à 20 ans et prendra un premier poste à Épinal en 1964. Il sera ensuite nommé à Cornimont. En 1973, sa carrière le conduira de nouveau à Épinal jusqu’en 1980. Muté à Nancy, il y travaillera pendant 18 ans. Il ira aider à la comptabilité de la paroisseSaint-Joseph.

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Au travers nos épreuves, la vie nous dirige parfois vers des passerelles inattendues. Après un veuvage douloureux, Claude se mariera en secondes noces avec Françoise. Une épouse qui sut lui donner la main et ouvrir son coeur aux quatre enfants de celui dont elle allait partager l’existence. Tous deux cultivent à présent l’art d’être treize fois grands-parents. Cinquante mille opérations par an Claude se souvient parfaitement de la création de sa paroisse en 2001. Dans une chronique dominicale, le comptable Jean-Claude Perrin lançait un appel pour trouver un collègue. “J’ai alors pensé que j’étais en capacité de rendre service. Ma candidature fut acceptée par l’économe diocésain. J’ai donc commencé à remplir mes fonctions de trésorier en 2002. C’est un travail qui demande bien sûr de se charger des factures, mais pas seulement. Il est aussi nécessaire d’être en lien avec différents organismes comme EDF ou encore le fournisseur en gaz. Il est indispensable de nourrir des contacts locaux. Les comptes sont très compliqués. Il me faut réaliser environ cinquante mille opérations par an !”

Pas simple de gérer un organigramme réglé comme du papier à musique ! Les comptes de la paroisse sont centralisés tous les jeudis matin. Le trésorier analyse chaque aspect les données qui lui sont fournies. Avec un regard tout particulièrement aiguisé sur l’évolution des frais. Le cas échéant, il s’applique à débusquer le moyen de les réduire. L’ensemble de ce méticuleux travail demande des dizaines heures par mois. Saint-Goëry se compose de 9 communautés : Saint-Maurice, Saint-Antoine, Notre Dame, Golbey, Chantraine, La Sainte-Famille du Saut le Cerf, Saint-Paul, la Justice, Sainte Maria Goretti et Saint-Laurent. Toutes présentent des fiches de liaison avec les détails des recettes, des quêtes, des dépenses… chacune gère son patrimoine.

“C’est une lourde charge, mais j’aime les chiffres. Il y a aussi des points très positifs. Lorsque l’on se retrouve en comptabilité ou en conseil économique avec les curés, les comptables et l’intendant bien sûr nous devons débattre des investissements en analysant chaque ratio. Ce sont plusieurs milliers d’euros qui sont gérés à l’année. Mais nous partageons une ambiance amicale très sympathique.” Claude Antoine se réjouit d’apporter sa contribution. “J’aime rendre service à l'Eglise. Je suis croyant et j’admire le travail des prêtres. Ils ont beaucoup de mérite. Les moyens financiers sont affaiblis par le recul des quêtes, environ 5 % de moins par an. L’argent du prix des offices, la vente de cierges, les dons laissés dans les troncs, quelques legs apportent un soutien appréciable. Au sein de la paroisse, des associations se dévouent pour dégager des bénéfices en organisant des kermesses, des lotos…” Le trésorier de Saint Goëry n’ignore rien des difficultés de laminer les charges fixes. “Dans l’esprit de beaucoup de gens, l’Église est riche. Je peux vous dire que c’est faux ! Au sein de nos paroisses, l’argent manque et nous avons besoin des paroissiens pour tenir le coup. Je remarque aussi que c’est souvent ceux qui donnent le moins, ceux qui sont les moins proches, qui sont le plus exigeants !”

Claude se montre intransigeant. “Je suis un trésorier économe !” Mais, les chiffres sont implacables, pas d’argent pour abonder la caisse, pas de miracle, les besoins demeurent ! Retraité après une carrière exemplaire qu’il termina comme conseiller financier, Claude rencontre maintenant des problèmes de vue. D’où son souhait de décider quelqu’un à l’aider.

Ténor à la chorale de la basilique, M.Antoine s’investit dans un beau spectacle produit tous les deux ans. La philatélie, la marche, la pratique du vélo, passer du temps dans son chalet de Ramonchamp lui apportent des plaisirs simples. Lui qui se définit comme un statisticien apprécie les performances de l’athlétisme, ou encore du biathlon qu’il suit à la télévision. Claude Antoine additionne encore bien des qualités humaines et professionnelles. Mais, chut ne lui dites rien, car toute la modestie qui l’honore en souffrirait sans compter !

Josée Tomasi-Houillon

Publié le 04/02/2013 par josee.