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Lundi 29 novembre
Saint Sernin
ou Saturnin, martyr et évêque de Toulouse (IIIe siècle)

Françoise Esplat porte des fleurs au chœur

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De son enfance, Françoise Esplat se souvient avec bonheur de courses derrière des papillons, et d’avoir passé de longs moments à observer le monde. Chassant son ennui de petite fille un peu seule, elle savait s’émerveiller durant plus d’une heure des jeux d’un couple de chardonnerets

Cet article a été publié dans le magazine « Église dans les Vosges ». En vous abonnant , vous êtes informé-e et vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.

Ces spectacles de la nature enregistrés par ses yeux d’enfant ont probablement contribué à forger des talents artistiques indéniables. S’ils ne chantent que dans l’imaginaire de ceux qui les admirent, les oiseaux d’argile créés de ses mains, jusqu’au moindre détail de peinture, semblent si réels qu’on les verrait bien s’envoler vers le ciel.
Ses dessins reproduisent les grands arbres approchés lorsqu’elle n’était encore qu’une gamine haute comme trois pommes. Les belles forêts vosgiennes de Ventron où elle naquit et vécut ses trois premières années d’existence avant de venir vivre à Épinal avec sa famille fleurent bon des parfums d’humus, de fougères... D’ailleurs, peut-être, est-ce en franchissant les ronciers, en escaladant les talus, ou en courant dans les prairies pour y cueillir des petits bouquets des champs que Françoise a puisé ce don de la composition florale.

Spinalienne depuis 47 ans, elle est restée fidèle à la paroisse Notre-Dame, maintenant intégrée dans celle de Saint-Goëry. Notre-Dame, avec son édifice religieux d’architecture du 20e siècle, qu’elle a découvert à Épinal à l’époque de l’abbé Ohnimus. Ancienne employée du Crédit- Foncier, Mme Esplat saisit il y a quinze ans l’opportunité de profiter de la retraite.

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L’inspiration soufflée par l’Esprit Saint

Mariée à Norbert, maman de deux filles, Valérie, 44 ans et Virginie 35 ans, Françoise cultive aussi l’art d’être grand-mère de deux petits-fils qu’elle adore dorloter. Françoise Esplat se rappelle que dans les premiers temps de son installation dans la Cité des Images, elle se rendait à la messe du matin. Elle fit alors connaissance avec Monique Thouvenot, une personne dévouée qui assurait la mission de fleurir l’église paroissiale et qui avait besoin d’aide après le départ de Monique Bayet, responsable des décors. “J’ai commencé comme cela et j’y ai très vite pris goût...”

Monique pouvant à son tour difficilement poursuivre, Françoise reçut la magnifique charge de l’ornement de Notre-Dame et occasionnellement d’autres lieux de prières. “J’ai toujours admiré les compositions qui ornaient les églises, je pensais que c’était des fleuristes qui venaient là... J’ai beaucoup prié l’Esprit-Saint pour qu’il m’inspire...” Françoise Esplat se tourne souvent vers Dieu. “Il faut se laisser guider par l’Esprit- Saint. Pour réussir des décors, il faut qu’ils soient jolis bien sûr, qu’ils égayent le béton des murs, mais également ils doivent parler aux catholiques et toucher les gens qui viennent là...”

Croix glorieuse, avec des lys, du blanc du jaune

Carême invite à la modestie. Mais, le chemin vers Pâques peut s’épanouir doucement. Françoise conserve les images de ses croquis et de ses arrangements floraux au fil des pages d’un gros album de photos. Responsable de la paroisse, l’abbé Antoine Viry lui accorde toute confiance. Marie-Thérèse Vincent, depuis une dizaine d’années et Françoise Leplat depuis deux ans apportent un concours précieux et apprécié. “Ces deux personnes ont beaucoup de goût et d’idées. Je sais pouvoir leur laisser prendre des initiatives...”
La renaissance printanière de la nature offre des possibilités de choisir des fleurs dans les jardins. Mais, c’est essentiellement chez un professionnel de la ville que sont achetés les éléments à réceptionner et trier avant d’entreprendre les compositions.

Une couleur, une signification

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“Les couleurs ont un sens. Le Vendredi-Saint, je choisis du rouge et du blanc pour représenter la Passion. Des oeillets rouges, pour le sang et les larmes du Christ... le sang de Jésus. La Résurrection apparaît comme une grande lumière, je conçois un décor qui peut évoquer la Croix glorieuse, avec des lys, du blanc, du jaune, la Résurrection radieuse comme un soleil...”
Toutes les fêtes religieuses se préparent avec soin. Un peu plus loin sur le calendrier, la Pentecôte inspire Françoise. “J’utilise des anthuriums rouges, je les place telles de petites langues de feu...” Pour l’Assomption, du rose, des glaïeuls blancs.

L’éclairage traversant le remarquable et exceptionnel vitrail derrière l’autel est pris en compte. Des coeurs rouges pour les mariages, pour Noël... Bénévole, Françoise ne calcule jamais son temps.
“Louer le Seigneur, sa création est tellement belle. Il existe tellement de sortes de plantes et de fleurs. Les lui offrir au mieux c’est le glorifier. On fleurit Notre Dame, mais aussi parfois d’autres églises. Cela aide à prier dans un beau décor, à élever l’âme...”

Josée Tomasi-Houillon

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Publié le 14/05/2012 par Alice.