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Samedi 1 octobre
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
Thérèse de Lisieux, docteur de l'Église (✝ 1897)

Olivier Bouzy, directeur du centre Johannique d’Orléans à Domremy

Comme l’affirme Mgr Mathieu dans son message pour le 6è centenaire de la naissance de Jeanne d’Arc : « Certains se plaisent régulièrement à faire de Sainte Jeanne d'Arc une légende ou un mythe et d'autres la confinent dans le rayon des monuments historiques : or, elle est un de ces témoins qui parlent aujourd'hui avec force ».

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Pour faire le point sur les connaissances historiques, la paroisse de Sainte Jeanne d’Arc/Sainte Elophe de Domremy a le plaisir d’accueillir Olivier Bouzy, directeur du centre Johannique d’Orléans

le samedi 21 avril 2012 à 16h

à l’auditorium du centre johannique de Domremy.

Des théories récurrentes, parallèles à l’histoire de Jeanne d’Arc alimentent régulièrement des appétits. A partir de l’état des connaissances historiques, des questions trouveront des réponses avec Olivier Bouzy, docteur en histoire médiévale.

Rencontre avec Olivier Bouzy : des polémiques à jeter au feu !

Cet article a été publié dans le magazine « Eglise dans les Vosges ». En vous abonnant , vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.

Des théories récurrentes, parallèles à l'histoire de Jeanne d'Arc alimentent régulièrement des appétits people, souvent malsains. Docteur en histoire médiévale, Olivier Bouzy ne les ignore pas. « ... l'accumulation d'erreurs factuelles à chaque page faisait que très rapidement le livre me tombait des mains... »

Des erreurs grossières ulcèrent le spécialiste. « Par exemple, le tout récent livre de François Ruggieri, “Jeanne d'Arc, le stratagème”, commence par une description de Domrémy où il place le château de Bourlemont dans le coude du fleuve, en face du village... » Bourlemont a été construit à 4 km de là ! « Cette façon superficielle d'aborder l'histoire de Jeanne d'Arc se vérifie malheureusement souvent dans les théories à la mode, qui l'on voit pulluler depuis quelques années : leurs auteurs partent d'une idée bien arrêtée, fondée sur on ne sait quelle opinion, puis ils écartent résolument tout texte qui contredit leur théorie, et ne perdent pas de temps à vérifier les détails, tels que localisation géographique, identité des protagonistes. »

Olivier Bouzy souligne des confusions relevées. « Pour comprendre cette manière de penser, j'ai donc commencé à lire les ouvrages des théories parallèles, et j'en ai lu seize, ce qui n'a pas été sans une certaine souffrance... Les auteurs de théories parallèles ne lisent déjà pas de livre d'histoire, il est donc à craindre qu'ils ne liront pas non plus les réfutations de leurs théories. » La Pucelle excite les curiosités, mais pas seulement, le terme allume aussi des maniaques titillés par quelques fantasmes sexuels. On va jusque se réclamer du patronage de Voltaire pour produire des ouvrages pornographiques... Olivier Bouzy s'avoue « ... relativement désarmé pour connaître les tenants et aboutissants politiques qui se cachent derrière tel ou tel nom d'auteur, d'autant que certains d'entre eux ne sont que des pseudonymes. »

Plusieurs courants sont définis par le Docteur Bouzy, notamment les « bâtardisants », les « survivistes », les « survivo-bâtardisants », « Dans certains cas extrêmes on trouve l'affirmation que Jeanne d'Arc n'a tout simplement pas existée ! ». À quand les soucoupes volantes ?

L'historien a fait le tour du cas de la petite Vosgienne de Domrémy et des remous suscités autour d'elle. « Leurs théories sont la plupart du temps une réaction – épidermique ou politiques – aux affirmations de l'École catholique qui s'était d'ailleurs également laissé entraîner, il faut bien le dire, à des affirmations aventureuses ou à une relecture hardie de certains textes. » La première biographie écrite sur Jeanne d'Arc par un professeur d’université ne date en réalité que de 2006 : c'est celle de Colette Beaune.
« On pourrait espérer, une fois les perturbations actuelles dépassées, qu'on reviendra à une pratique plus apaisée de l'histoire et que le personnage de Jeanne ne sera plus agité de-ci de-là pour défendre toutes les causes ; mais c'est justement cette faculté de Jeanne d'Arc à incarner successivement des tendances de fond de la politique française qui explique que le personnage n'ait pas été oublié. Il faut donc se résigner : le souvenir de Jeanne s'accompagne fatalement de scories (d'ailleurs à courte durée de vie), qui finissent un jour ou l'autre par faire à leur tour l'objet d'études historiques. Mais se résigner à leur existence ne veut pas forcément dire admettre implicitement les théories en question. »

Sainte Jeanne-d'Arc, martyre brûlée vive, n'a que faire des ragots et billevesées qui ne l'atteindront pas.

Josée Tomasi-Houillon

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Publié le 01/04/2012 par Christophe CHEVARDÉ.