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Lundi 29 novembre
Saint Sernin
ou Saturnin, martyr et évêque de Toulouse (IIIe siècle)

Robert Henry, le prêtre, l'ami de toujours

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Le 14 février 1928 à Plombières les Bains, la sage-femme, appelée affectueusement « la mère Michel »,aidait une maman à mettre au monde son enfant. Renée et Marcel Henry accueillaient alors Robert, leur second fils. Très vite surnommé Roby, le garçonnet partagea ses jeux entre Pierre son aîné et Jacques le petit dernier. Robert Henry évoque une enfance heureuse, vécue dans la chaleur d’un foyer chrétien. Très tôt, puisqu'il n'avait qu'un peu plus de 2 ans, Roby fréquenta la maternelle. De mémoire intacte, il se souvient de Mlle Remy, son institutrice, secondée par Mlle Joséphine, puis au primaire à Saint-Augustin des frères Marianistes Bickel et Grosser. Dynamique et sportif, Roby s'adonna dès 7 ans à la natation. Son véritable amour pour la nature se manifesta dès son plus jeune âge par de grandes promenades dans les forêts et la belle campagne vosgienne. Gamin téméraire, il prit de « sacrées bûches » à vélo et réalisa quelques audacieuses baignades dans les étangs du coin. « Roby, disait maman, où sont tes lunettes ? Perdues?... Oh non, maman, je sais où elles sont ! J'ai plongé avec... elles sont restées au fond ! » Un peu plus tard, Roby commença à délivrer de l'essence, ranger les voitures des curistes, accueillir les baigneurs à la gare et les conduire jusque leur hôtel grâce au petit autobus de son père, garagiste après avoir été aviateur. Tout ceci occupait l'adolescent qu'il devenait, et qui se dévouait à servir les messes des prêtres en cure.

De son certificat d'études passé en 1940, Roby ne possède aucune trace. Et pour cause ! « J'ai tout réussi, sans jamais avoir de résultats officiels à cause de la débâcle, aussi incompréhensible que douloureuse pour nous, gosses insouciants ! » Ses communions à Plombières précédèrent la Confirmation. « L'abbé Paul Lapoirie, qui détecte alors ma vocation sacerdotale, me fait faire la 6e sur place. Je rentre en 5e au séminaire de Saulcy en 1942. »

Ce sera ensuite Autrey, puis Luxueil, jusqu'en 1945 et enfin le Grand séminaire à Saint-Dié. Robert Henry portera la soutane dès 1947 et sera convoqué l'année suivante pour effectuer son service militaire. De retour en Déodatie, il reçoit son ordination sacerdotale le 21 mars 1953. Il dira sa première messe solennelle à Plombières le 6 avril 1953.

Soixante ans déjà ! Le chanoine Bihr, curé de Remiremont l'appellera pour remplacer l'abbé Paul Petitjean, malade. Il s'agissait aussi d'être aumônier de la colo Tuilerie avec 25 filles sous la houlette du chef Odile Noël. Le prêtre devenait alors vicaire de Remiremont, une fonction qu'il assurera de 1953 à 1960. Roby n'a pas oublié les copains de l’époque, Michel Kuehn et Nénesse Claude. Bien sûr son ministère, le culte, l'eucharistie, les sacrements, le caté, le service de quartier de la Madeleine, l'aumônerie du lycée de filles, la JOCF, les Âmes vaillantes, les colos... « On ne chômait pas ! Mais quel service sacerdotal passionnant, j’ai rencontré des difficultés parfois, mais tellement de gens merveilleux » !

La grande grâce d’avoir beaucoup d’amis

Nommé en 1960 aux Œuvres à Épinal, il devient aumônier diocésain de JEC-JECF. Il se chargera de la préparation au mariage, de communication, sera aumônier CMR sur le secteur de Saint-Étienne les Remiremont. Directeur de colos, diplômé surveillant de baignade, le prêtre conserve en mémoire la joie des camps de vacances à la mer, à la montagne. « J’ai attrapé le virus des randonnées et des sommets alpins. » Par deux fois, Roby atteindra le sommet du Mont Blanc. Les grands espaces l’attirent. 1700 vols durant plus de 300 heures, Roby s’échappe vers l’horizon en parapente. Bien avant d’autres religieux, il mit son talent de chanteur en solo, mais également au profit du groupe des « Saints-Pères » affiliés à la chorale à cœur joie. Des enregistrements furent même gravés !

Après 9 ans aux Œuvres, en 1969, Robert Henry est nommé à Dounoux puis à Xertigny en 1974. Il y exercera son ministère durant 31 ans ! « Avec amour, j’ai essayé d’être prêtre du Christ pour et avec tous les paroissiens… » D’une plume alerte, il rédige les hebdomadaires paroissiaux, soit au total environ 1500 numéros ! Dans la petite maison où vit maintenant Roby, des photos recouvrent les murs. Des visages de parents, d’amis, dont André et Monique Marin. Monique qui a quitté les siens, mais qui n’est pas oubliée. « Dieu m’a donné la grande grâce d’avoir beaucoup d’amis. Tout en étant seul, je ne le suis jamais ! » Le monde d’aujourd’hui inquiète le prêtre « Une grande partie de l’humanité devient haineuse, revancharde, égoïste, individualiste… Il faut tout faire pour arrêter cette violence… »

L’élection du pape François réjouit Robert. « … Il me coupe le souffle depuis son élection. Son amour des pauvres n’est pas surfait… Cette attitude n’est pas du flan… Il conduira certainement notre Église d’une façon bonhomme, mais ferme. Je suis content, François, sans numéro, c’est chouette ! » Fan de saint Paul, le prêtre a connu l’émotion de marcher sur les pas du Christ à Jérusalem, il a également visité Rome. Malgré des soucis de santé dus à son grand âge, Roby conserve son âme de jeune homme. Récemment, il le reconnaît : « c’était un peu fou », il s’est offert un vol assisté en parapente. « Avec Édith Piaf, j’ose chanter, non rien de rien, non je ne regrette rien ! » Un bon sourire, Roby se dépêche, bien que retraité, il part officier une messe. Que voulez-vous, on ne se refait pas !

Josée Tomasi-Houillon

Tous ces articles ont été publiés dans le magazine « Eglise dans les Vosges ». En vous abonnant , vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.

Publié le 07/05/2013 par josee.