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Mercredi 13 novembre
Saint Brice
Evêque de Tours (✝ v. 444)

Saint Maximim



Évêque de Trèves

Une fois de plus, voici un pieux personnage qui n'a pas vécu dans les Vosges, mais qui, figurant au nouveau Propre diocésain, est tout de même un « Saint de chez nous », en ce sens qu'il évoque notre antique appartenance à Trèves, la métropole religieuse du pays de Moselle. Déjà, plusieurs traits de la vie de Saint Pierre Fourier et du Bienheureux Jean-Martin Moyë nous le rappellent, et nous en trouverons encore d'autres témoignages ultérieurement.

Jadis, au Bréviaire de Toul jusqu'à la Révolution, et au Propre de Saint-Dié jusqu'en 1914, la fête de Saint Maximin était célébrée sous le rite double. On la reprend aujourd'hui sous la rubrique d'une simple commémoraison. Formule assurément bien modeste, ne comportant qu'une oraison spéciale, sans aucune leçon historique au IIe nocturne, en sorte que les prêtres vosgiens eux-mêmes ne sont guère plus fixés que les fidèles sur ce bon évêque des tout premiers temps.

Saint Maximin était né en Poitou, dans les premières années du IIIe siècle, dans une villa gauloise dépendant de la paroisse actuelle de Mouterre, à 50 km au nord de Poitiers. Sa famille, appartenant à l'aristocratie gallo-romaine, décida d'envoyer le jeune Maximin poursuivre ses études à Trèves. Capitale de la Ire Belgique et de la Préfecture des Gaules, cette ville était alors une des plus importantes de l'Occident, et l'un des empereurs de la Tétrarchie y avait sa résidence.

Dans cette ville lointaine, l'étudiant ne se sentit pourtant pas trop dépaysé : l'évêque d'alors, Saint Agricius, lui-même Poitevin d'origine, le prit en affection et veilla sur ses études, en sorte que bientôt Maximin manifesta le désir d'être prêtre. Orientation imprévue, acceptée par ses parents, et qui devait le fixer à Trèves.

A la mort de Saint Agricius, survenue le 13 janvier 331, le choix unanime du clergé et des fidèles se porta sur ce jeune prêtre savant et distingué, qui fut intronisé évêque métropolitain de Trèves, avec, comme suffragants, les diocèses de Metz, Toul et Verdun, qui par la suite et pendant plus d'un millénaire allaient devenir les Trois-Évêchés, fameux dans l'Histoire, aux confins de la France et de la Germanie.

Par sa sainteté et sa science théologique, Sainte Maximin ne devait pas tarder à s'imposer comme un apôtre de premier plan dans la lutte très âpre qui mettait alors l'Église romaine aux prises avec l'hérésie arienne.
Au début, celle-ci s'était appuyée, spécialement en Orient, sur l'autorité des Empereurs qui, par ailleurs, persécutaient les chrétiens. Ame grande et généreuse, Saint Maximin entra en lice d'une façon tout à fait fortuite. Vers 335, Saint Athanase, patriarche d'Alexandrie, qui dix ans plus tôt avait assisté, alors simple diacre, au Concile de Nicée, était banni de son siège et exilé à Trèves. On devine l'accueil déférent et cordial que réserva Saint Maximin au grand défenseur de la foi catholique en Orient.

Désormais — et c'est un beau titre de gloire pour notre Saint — la vie de ces deux évêques militants fut inséparablement unie au service de l'Église. Jouissant d'un crédit considérable à la cour impériale, Saint Maximin intervint en faveur de son hôte auprès de Constantin II, fils de Constantin le Grand qui, en 313 par l'Édit de Milan, avait proclamé la liberté de l'Église et pratiquement clos l'ère des persécutions. Durant son séjour à Trèves — près de deux ans — Saint Athanase trouva auprès de l'Empereur la sympathie et l'estime dont ce dernier entourait son évêque.

Aussi, tous deux l'accompagnèrent-ils, à titre de conseillers, à l'entrevue de Nissa, dans les Balkans, où, avec les autres Césars de la Tétrachie, Constantin avait à délibérer sur la situation politique , toujours délicate sur ces confins de l'Empire et du monde barbare. Entre autres décisions, les souverains révoquèrent les arrêts de proscription prononcés contre les évêques catholiques. C'est de là que Saint Athanase regagna son siège d'Alexandrie. Pour peu de temps, car l'hérésie dans tout cet Orient se maintenait particulièrement agressive.
De nouveau, Saint Athanase fut chassé de son siège, comme d'ailleurs Saint Paul Ier , patriarche de Constantinophe. Aussitôt, Saint Maximin intervint avec succès auprès de l'Empereur, en faveur des deux exilés qu'il avait à nouveau recueillis.

Devant les intrigues sans cesse renaissantes des ariens, qui de l'Orient risquaient de gangréner toute la Chrétienté, Sainte Maximin réunit à Milan les évêques des Gaules et du nord de l'Italie, pour renouveler solennellement leur profession de foi au Symbole de Nicée. Son zèle clairvoyant, toujours en éveil, l'entraîna plus loin encore. D'accord avec le Pape Saint Jules Ier,, il suggéra à l'Empereur de Trèves de convoquer en 343 un grand Concile à Sardique, en Illyrie. Lors de ces assises qui groupèrent 300 évêques, Saint Maximin se fit l'éloquent défenseur du Credo, tel que l'avait défini le Concile de Nicée.

Rentré à Trèves, il eut la douleur d'apprendre que son voisin Euphratas, évêque de Cologne, avait, à son retour de Sardique, dévié de la saine doctrine en se laissant séduire par les subtilités de la théologie arienne.
Il convoqua donc, en 346 à Cologne même, un nouveau Concile qui déposa l'évêque hérétique.

A une époque où l'erreur trouve tant de complaisances, parfois sous le prétexte de je ne sais quelle charité fraternelle, on serait peut-être tenté de trouver là une ombre à l'auréole de notre Saint. Mais Saint Jérôme, le grand Docteur de l'Église, qui dans sa « Chronique » tient en si haute estime Saint Maximin, nous rappelle combien les temps étaient alors difficiles, tout proches encore de celui où bataillait Saint Paul. Pour être à la hauteur de sa tâche, l'évêque devait montrer une foi inébranlable, un courage intrépide.

Pour tout dire, Saint Maximin apparaît, aux côtés de Saint Athanase, comme un des plus vigoureux défenseurs que l'Eglise ait eus au IVe siècle. C'est, pour une part, grâce à cet évêque des Marches de l'Est, que l'arianisme n'a pas excercé dans nos régions les ravages qui ont si longtemps désolé l'Orient.
Au demeurant, Saint Maximin fut dans son Diocèse le Bon Pasteur, trouvant, au milieu de ses démêlées et de ses voyages, le temps de se donner entièrement à son clergé, à ses fidèles. Cette activité pastorale nous est relatée par Saint Grégoire de Tours, par Dom Calmet, et surtout par la Vie de Saint Maximin, détaillée avec force miracles par un moine de Trèves au IXe siècle. Nous touchons là au secret de ces Saints qui, mus par l'Esprit de Dieu, mènent de front les tâches les plus diverses dans un effort constant et joyeux.

Notre Saint ne se privait pas pour autant des joies de la famille, aimant à revenir au pays natal. C'est ainsi qu'il mourut à Mouterre, le 12 septembre 349, et fut inhumé dans la sépulture de famille, où son frère lui érigea une chapelle funéraire.

_ succédé comme évêque, entreprit de le ramener triomphalement à Trèves et de le déposer en la basilique Saint-Jean. Par la suite, en raison des nombreux miracles qui s'accomplissaient sur sa tombe, Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves, fonda en son honneur une abbaye dont l'église reçut le précieux dépôt. L'abbaye, située hors les murs — à proximité de la gare actuelle — disparut à la Révolution ; à la fin du siècle. Guillaume II y bâtit une caserne, dite de Saint-Maximin. Comme le vocable ne reparaît nulle part ailleurs en sa bonne ville, cela fait un singulier mémorial pour ce grand lutteur des temps héroïques !

Il est un autre hommage discret que lui gardent fidèlement les Trois-Evêchés jadis sous sa houlette. Chacun d'eux compte plusieurs églises dédiées à Saint Maximin :
- METZ : Bitche, Boust, Metz, Mondelange, Thionville et Villers-Lacquenexy.
- TOUL (NANCY) : Jarny, Sponville.
- VERDUN : Nepvant, Villecloye.

Si, au diocèse de Saint-Dié, trop jeune et le plus distant de Trèves, Saint Maximin n'est titulaire d'aucune église ou chapelle, nous avons par contre à Moyenmoutier une partie notable de ses ossements conservés dans une châsse de bois doré. La reconnaissance canonique en est attestée à plusieurs reprises au cours des siècles, la dernière datant de Mgr Caverot, le 6 août 1854. On ne sait pas au juste la date de la translation, mais le motif s'en devine aisément, puisque Saint Hydulphe, fondateur de Moyenmoutier, avait été chorévêque de Trèves. Aussi, de temps immémorial, Saint Maximin a-t-il été fêté comme patron secondaire de l'abbaye de Moyenmoutier.
Quoi qu'il en soit, la présence de ces reliques confère valablement droit de cité chez nous au Saint Évêque de l'antique capitale mosellane.

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Publié le 12/12/2010 par Alice.