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Lundi 29 novembre
Saint Sernin
ou Saturnin, martyr et évêque de Toulouse (IIIe siècle)

Sœur Ika, à l’Accueil du Pèlerin

Travailleuse missionnaire de l’Immaculée, soeur Ika doit son prénom à sa place d’aînée. Des études supérieures conduisirent Theresia Ika Dalayanti vers l’enseignement. Elle assurera pendant une douzaine d’années la charge d’enfants en maternelle.

Cet article a été publié dans le magazine « Église dans les Vosges ». En vous abonnant , vous êtes informé-e et vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.

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Au plus profond de sa mémoire, Ika se souvient d’une lumière intérieure. “J’ai vécu longtemps en oubliant presque un premier Appel ressenti à l’âge de 8 ans. Il était alors plus de minuit, j’avais vu un film sur Sainte Bernadette. Le temps est passé... Confusément, par rapport à ma vie, d’adulte, je sentais que quelque chose n’allait pas, sans trop savoir quoi...”
Une initiative du curé de la paroisse de la Trinité à Jakarta devait bousculer les données.

“Tous les mois, des rencontres étaient organisées avec des religieux pour solliciter des vocations... C’est là qu’un mercredi de 1998, j’ai fait connaissance d’une Française et d’une Calédonnienne. Il s’agissait de deux Travailleuses de l’Immaculée. Elles étaient de la Famille Missionnaire Donum Dei. J’ai été frappée par tant de joie en elles. Quelqu’un traduisait leurs paroles. Je les regardais simplement, j’ai été conquise... Je savais que c’était là, parmi ces soeurs, vierges laïques et carmélites que je voulais demeurer dans le monde... J’avais trouvé ma place. J’étais comme poussée, je n’arrivais plus à m’arrêter, comme une pierre qui dévale la montagne !”

Tout un parcours

La Famille Missionnaire Donum Dei n’a pas pied à terre en Indonésie d’où Ika est originaire. 1999 fut l’année du départ pour Rome pour mieux y découvrir la communauté. “Ce fut difficile, car les rythmes de vie sont tellement différents de ceux que je connaissais... Après 4 mois, je suis venue à Besançon pour y apprendre le Français.”
Envoyée à Domremy en 2000, soeur Ika ira en 2001 dans le Doubs. En 2002, ce sera Lisieux. En septembre 2002 viendra le temps d’approfondir les Sciences religieuses à Rome.
À l’exemple de Sainte Jeanne d’Arc et des premières vierges chrétiennes, en 2003 Ika s’est engagée envers le Christ par des Fiançailles. Elle confirmera définitivement sa vocation en 2010, par les Épousailles. S’offrir à l’Amour de Dieu et prendre profession de tertiaire séculière carmélitaine.

“Lorsqu’ils repartent, ils ne sortent pas d’ici indemnes”

Ses études achevées en 2007 permirent à la jeune sœur de participer à l’organisation déployée en 2008 pour la venue du Pape à Lourdes. En 2009 elle prendra connaissance de sa mission à Domremy : aider le Père Lambert, recteur de la Basilique Sainte-Jeanne d’arc et œuvrer à l’Accueil du Pèlerin. Pas une mince affaire, car outre les tâches de secrétariat (téléphone, renseignements, enregistrements de demandes de baptêmes, de mariages...)
Ika se doit de recevoir les visiteurs. Ceux qui aiment Jeanne d’Arc et les simples curieux. “C’est très émouvant de voir les intentions écrites sur le livre... Il m’arrive de trouver des gens en larmes... Certains viennent de très loin, veulent être discrets... d’autres demandent d’être guidés.”

Les yeux de Sœur Ika brillent. “L’endroit est magnifique, je sors parfois du bureau pour rencontrer des gens qui au départ étaient simplement venus se balader, et qui, je le vois, recherchent autre chose... Jeanne d’Arc est une héroïne nationale, mais il faut faire vivre sa spiritualité, elle est une sainte laïque au milieu du monde...” Quelques visiteurs, mais très peu, se montrent discourtois, voire agressifs. “Peut-être ont-il une blessure du passé et deviennent alors hostiles, mais s’ils ont fait la démarche de venir c’est qu’ils ont besoin de quelque chose ! J’espère qu’ils recevront la grâce... Je suis certaine que lorsqu’ils repartent, ils ne sortent pas d’ici indemnes !”

Il faut commencer par aimer

Sœur Ika porte une attention toute particulière aux plus abandonnés spirituellement. Elle écoute. “C’est parfois plus facile de se confier à quelqu’un que l’on ne connaît pas... Je vois que les gens ont besoin de vie spirituelle, même s’ils ne l’avouent pas... Beaucoup de catholiques, mais aussi des musulmans et d’autres viennent ici, ils veulent mieux connaître l’histoire de la sainte.”
Les journées de Sœur Ika consistent aussi à suivre les offices religieux et souvent à donner un coup de main en salle de restaurant de l’Accueil du Pèlerin. Quand vient le soir, avec les autres Missionnaires, des prières sont dites pour les intentions laissées.

Ses parents, son pays... manquent parfois à la religieuse. Mais son sourire et son cœur sont ouverts à la terre entière. “Vous savez, dès que l’on change d’endroit, de compagnie, il faut commencer par aimer...”
Ika avoue tout de même que si elle devait quitter Domremy, elle regretterait la beauté et la grandeur de cet endroit atypique où même des non-croyants assurent trouver la paix. Près de Sainte Jeanne d’Arc des miracles se produisent-ils ? “Il y en a sans doute de discrets...”.

Josée Tomasi-Houillon

Cet article a été publié dans le magazine « Eglise dans les Vosges ». En vous abonnant , vous soutenez et favorisez la circulation de l’information et le dialogue dans le diocèse.

Publié le 01/03/2012 par Alice.