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Église dans les Vosges

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Dons et legs


02/02/15 Cathy Gabet "Tous concernés, tous acteurs !"
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Originaire du Syndicat, une petite commune proche de Remiremont, Catherine Gabet porte en elle l’héritage d’un foyer chrétien très engagé au sein de l’Église. Elle rend hommage à ses parents. “Ils ont semé et nous ont transmis des valeurs comme le sens de la famille et de l’effort... Nous ne pouvons que leur dire merci... ”

Aînée de quatre enfants, elle sut très vite trouver sa place de « seconde maman » de sa fratrie, mais aussi des petits hébergés chez elle en « famille d’accueil ». Cathy se rappelle avoir passé des étés dans des colonies de vacances dont s’occupaient ses parents. C’est donc tout naturellement qu’elle devint aide-monitrice et se dirigea vers une formation BAFA. « Ce fut pour moi une période exceptionnelle et je peux dire un grand merci à Soeur Marie-Paule qui organisait alors des voyages. Grâce à cette religieuse, je suis allée en Italie, en Grèce, en Terre-Sainte... »

Début des années 80, Catherine entrait dans la vie active, se mariait et devenait maman de 2 enfants. Éducatrice spécialisée, Mme Gabet travaille pour l’Association des Paralysés de France. Elle appartient au monde de ceux qui se dévouent à plein temps, sans jamais faire les choses à moitié.

Ses yeux brillent très fort lorsqu’elle évoque les enfants en situation de difficultés dont elle s’occupe en partenariat avec l’Éducation nationale. Elle explique qu’il s’agit de contribuer à développer un projet de vie, au cas par cas, dans les crèches, à domicile, dans les structures de loisirs et tous les lieux de vie où évoluent des « gamins » parfois lourdement handicapés.

Les quatre années de formation en relaxologie qu’elle a entreprises avec la pugnacité qui la caractérise apportent beaucoup à ceux dont elle fait profiter. « Apprenons à nouveau à apprivoiser le temps, à observer, à apprécier les petits bonheurs du quotidien... Le chant d’un oiseau, un rayon de soleil, un bon plat à savourer... Il existe des techniques de relaxation, de massage des pieds, des mains ou encore de la tête qui apportent un bien-être que beaucoup n’imaginent même pas ! Je suis émerveillée quand je quitte les enfants qui me sont confiés lorsque j’entends qu’ils peuvent soupirer d’aise. L’un d’entre eux dont l’état ne permet rien d’autre se réjouit de percevoir les sons d’un bâton de pluie... »

En équipe chacun doit trouver sa place

Peut-être rattrapée par les Fripounets qu’elle fréquenta dans sa jeunesse, puis l’aumônerie à laquelle elle appartenait lorsqu’elle était scolarisée, Cathy a repris contact avec l’ACE au moment où ses enfants durent aller chez une « nounou ». Finalement, c’est en 95 suite à une lettre d’appel qu’elle accepta le poste de secrétaire associative qui lui était proposé. Plus tard, en 2003 « depuis le tremblement de terre » elle fut portée à la présidence pour conduire le Mouvement qui évolue avec deux salariées et des bénévoles. « Cela fonctionne parce qu’il y a là une formidable équipe ! » Actuellement, occupée à rédiger le Mémoire qui marque l’aboutissement de sa spécialisation en relaxologie, Mme Gabet estime pudiquement que « pour être capable de comprendre et s’occuper des autres, il faut avant tout se comprendre soit même ». Ses exercices de recherche l’aident aussi à aborder les enfants de 6 à 15 ans qui fréquentent l’ACE. Un seul regret, il n’est pas facile de fidéliser ces petits pour les conduire vers la JOC ou le MRJC. Un travail interne, des réunions à l’extérieur, l’utilisation d’internet... apportent leurs parts d’intérêt. « Nous faisons très attention, car les enfants ne doivent pas mûrir trop vite, l’ACE les accompagne dans leur évolution avec les outils du jeu. L’évolution de l’enfant doit être naturelle, et que rien ne vienne en accélérer le rythme ! » Tout n’est pas simple, Catherine affiche un bon sourire. « Vous savez l’existence n’est pas un long fleuve tranquille, j’aime les gens, j’aime élaborer et lancer des projets... L’être humain est ainsi construit, les relations sont parfois compliquées... En équipe chacun doit trouver sa place, il faut aussi pouvoir composer... Savoir dire les choses autant les bonnes que les mauvaises... »

Cathy apprécie les longues promenades à pied, respirer l’air frais du matin, saisir les fragrances d’un parfum de lilas en fleurs. On ne s’étonnera pas si la présidente de l’ACE mène une campagne 2013-2015 qui se penche sur l’état de notre planète. Le programme rédigé et proposé par les délégués des enfants aborde les pollutions, l’irrespect des maîtres d’animaux, la perte de la forêt...« On dépose des graines, on sème dans le but de récolter... Soyons capables d’accueillir et à tout moment de nous émerveiller... »

Josée Tomasi-Houillon



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29/01/15 Jean Belambo : "Allons vers ce jour nouveau !"
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De République Démocratique du Congo où il y a vu le jour au sein d’une fratrie de 6 frères et soeurs, Jean Belambo a conservé dans son sourire toute la chaleur d’un soleil ardent.

Issu d’une famille très chrétienne, il confie que la vocation germa naturellement. “J’ai été enfant de choeur, puis j’ai intégré la pastorale “Les Jeunes de Lumière”. Avec des engagements progressifs, ces activités vous plongent dans le bain... À la maison, l’ambiance m’a permis d’évoluer dans une pratique de la foi qui me stimulait. Nous côtoyions des prêtres, nous avions envie de suivre leur exemple... J’ai fait le choix de cette aventure avec joie, mais il me fallait quitter les miens et partir loin. Mes parents ne s’y sont pas opposés, ils m’ont soutenu par la prière…”

Sa propédeutique terminée, le jeune homme entre au séminaire pour y étudier trois ans la philosophie, puis quatre ans la théologie. Le religieux garde en mémoire avec émotion la prise de sa soutane blanche. “En Afrique, dans nos villages, les habitants apprécient ceux qui portent le vêtement. Sans être accro, j’aime la revêtir.” Un an de stage conclut cette période, mais la guerre contre le président Mobutu retarda l’évènement tant attendu. Ordonné diacre, Jean Belambo devint prêtre le 3 août 1997. “Ce jour-là, six diacres furent ordonnés, j’étais l’unique prêtre et le seul enfant de mon village à l’être devenu, autour de moi les gens étaient fiers et heureux…” La cérémonie terminée, Jean Belambo rentra à Kolé, siège de son diocèse de rattachement. Nommé vicaire de la paroisse Saint- Paul et prêtre référent de celle de Saint- Joseph, il trouva vite ses marques. Les rebelles progressaient à l’intérieur des terres et commettaient toutes sortes d’exactions envers la population, ils pillaient en semant la terreur sur leur pas- sage. “En 1999, il fallut se résoudre à nous cacher, notre évêque a sollicité la présence de deux prêtres volontaires dans notre évêché. Un collègue et moi avons été candidats. Presque toute la population se cachait dans la forêt… La Force Armée Congolaise était en débandade, ils ont tout mis à sac… Une nuit, j’ai dû sortir en pyjama… Un mois plus tard, les rebelles du Rassemblement Congolais pour la Démocratie sont entrés dans la ville… En fait, il s’agissait d’une invasion étrangère hétéroclite… Ils ont trompé leur monde en arrivant tout doux, une semaine plus tard, c’était l’horreur ! Nos vies étaient en danger... Nous ne dormions jamais à la même place… Des chrétiens nous donnaient l’asile, nous nous réfugiions dans des salles de classe vides… Des cauchemars me hantaient … Il arrivait que des gens collaborent avec les insurgés. Nous étions pris en otage, dans un endroit entouré d’eau… Finalement, je me suis échappé, j’ai rejoint un village allié où un homme possédait une barque… il a accepté de me transporter, quelqu’un m’attendait de l’autre côté avec une bicyclette, j’ai pédalé, pédalé…jusqu’à rejoindre mon village natal…”

Démuni de papiers d’identité, sans aucun document et sans argent, Jean Belambo prit contact avec un prêtre allemand. Ce dernier lui apporta de l’aide pour obtenir une feuille de route jusqu’à Kinshasa. En décembre 1999, le prêtre atteint la capitale. “Là c’était le calme, pas de troubles…” La paix fut rétablie en l’an 2000 et douze mois après, le Père Belambo fut désigné responsable diocésain des établissements scolaires. Une lourde charge qu’il accepta en prenant sous sa houlette 172 écoles maternelles, primaires et secondaires conventionnées catholiques. Jean Belambo est de ces hommes qui veulent progresser. En 2005, il quitte sa fonction pour rejoindre l’Europe afin de s’y spécialiser dans les études. Ce sera Burgos en Espagne, où il retrouve un camarade et réalise un Master de théologie, Licence canonique. Il accède au Doctorat et vient à l’Université catholique de Rennes en 2007, il prend ensuite la direction de l’Alsace où il soutiendra en 2013 sa thèse intitulée “La réception de la théorie de l’évolution dans la théologie catholique du 20e siècle” autrement dit, comment articuler les acquis scientifiques avec l’évolution de la théologie et comment parler de Dieu avec la théorie de l’évolution et ce que nous dit la science.

Ne pas tomber dans le piège

Le diocèse de Saint-Dié est apparu à Jean comme un endroit opportun à son installation. “J’ai eu contact avec le vicaire général Claude Durupt, puis j’ai rencontré Mgr Mathieu. Ce jour-là j’ai été invité à sa table avec l’ami qui m’accompagnait. C’est un geste qui m’a marqué.” La paroisse de Saulxures-Thiefosse sera confiée au prêtre. L’accueil qui lui fut réservé lui est allé droit au coeur. Toute l’équipe paroissiale réunie autour de l’abbé Arnauld Meyer l’attendait. “J’ai été très touché… Je suis entouré par une équipe paroissiale dévouée et je crois que la population m’a bien accepté… Bien sûr les miens, mon village, mes habitudes de vie me manquent, il faut accepter… Je ne veux pas tomber dans le piège de tenter d’importer l’Afrique en Europe. Si le fondement est identique, le rituel, la gestuelle de l’expression religieuse sont très différents…” Dans le grand presbytère où il vit, le prêtre passe beaucoup de temps à peaufiner sa soutenance qu’il souhaite publier dans une version accessible au plus grand nombre. Jean refuse les lieux communs. D’une grande culture, il mûrit sa réflexion en se nourrissant des Écrits et de son expérience du monde. “La perfection est devant nous. Nous avons à construire notre histoire au quotidien, nous avons à construire le Royaume de Dieu au travers des actes d’amour et d’amitié...”

Josée Tomasi-Houillon

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17/11/14 Marie-Françoise Haumonté : Vivre l'Évangile au quotidien (Témoins vosgiens)
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La Dernière Guerre mondiale n’était pas encore déclarée lorsque Marie-Françoise Haumonté naquit en 1939 à Châtel-sur-Moselle. Ainée de quatre frères, elle tomba immédiatement dans le grand bain de ceux qui portent leur attention aux autres. Fervents catholiques, ses parents, d’origine modeste, firent le choix d’inscrire leurs enfants à l’école publique. Intégrer le privé ne permettait pas à l’époque de recevoir des bourses destinées aux études. Marie-Françoise se souvient parfaitement que si dès 6 ans elle jouait à la maîtresse d’école, c’est qu’elle nourrissait déjà le rêve de devenir enseignante. Surveillante à Toul, elle poursuivra son cursus scolaire par correspondance tout en se dirigeant finalement vers l’enseignement général technique. Un choix qu’elle définit par un besoin inné de porter une attention toute particulière vers les enfants en nécessité d’être épaulés. Professeur, durant une vingtaine d’années, Mme Haumonté aima mettre en pratique ce qu’elle désigne comme « une laïcité positive ». Un idéal qui oblige au respect des origines, de la liberté de pensée, et des convictions de chacun. Restée célibataire, Marie-Françoise n’envisagea jamais de devenir religieuse. Elle demeurait cependant en quête de vivre sa foi et le service du pardon mutuel au quotidien. Elle explique que lorsqu’elle fit connaissance en 1978 la Communauté des Béatitudes, elle comprit qu’elle venait de rencontrer la voie qu’elle recherchait. « Un absolu dans le quotidien du peuple de Dieu. » Certaine de son choix, elle fit alors sa demande de mise en disponibilité. Quelques années plus tard, en 1992, la Communauté d’Autrey ouvrait le Foyer vocationnel saint Augustin. Elle s’en vit confier la direction et sut faire profiter les élèves de cette fibre pédagogique qui vibrait en elle. En bâtissant des programmes scolaires capables de mener les jeunes gens jusqu’au baccalauréat, elle obtint un taux de réussite à cet examen qui fut constaté et salué par les instances académiques. Il en fut ainsi durant plusieurs années. Curieuse de poursuivre dans son expérience, elle choisit ensuite de rejoindre une communauté en Belgique où elle vécut encore son métier avec passion et bonheur. Les années passaient, une année sabbatique lui fut profitable. « L’éducation pour moi, c’était terminé, je ne me sentais plus en phase. Il me fallait passer un cap, faire face en toute conscience à mon propre vieillissement que je sentais venir… En 2009, je suis revenue à Autrey, je rentrais chez moi… »

Osons ce que nous sommes !

Ses valises à peine posées, Marie-Françoise fut désignée par le Père Marchal comme responsable des visiteurs de malades et « parachutée » à l’hôpital de Rambervillers. « Ce fut véritablement un nouveau monde, au travers ma réflexion et tout un travail de retour sur moi même, j’avais accepté mon vieillissement, ma propre mort… J’étais entrée dans une autre dynamique… Ici, je suis très entourée, je me sens chez moi, dans une vie de prières. C’est important, car si je peux donner, c’est parce que je reçois beaucoup. Je ne vivrais sans doute pas aussi bien si je n’avais pas eu cette proposition. Ce fut une superbe opportunité… » Devenue aumônier de l’établissement rambuvetais, Mme Haumonté oeuvre en lien avec le prêtre. Des bénévoles apportent un concours apprécié. « Je me rends sur place sans aucun plan, je suis prête à rencontrer les gens comme ils sont… À les écouter, les faire rire parfois, les amener à tolérer à pardonner… Ce n’est pas toujours facile, mais mon maître mot reste disponibilité. Lorsque je donne la communion, je réponds à leur demande… Lors du sacrement des malades, une personne qui n’avait pas communié depuis 47 ans a souhaité recevoir le Christ… Ce fut un grand moment pour toute l’équipe… Cette dame était illuminée par sa joie. Une petite graine avait été semée… Je vis tout cela dans la réciprocité et cela me comble. Je rentre toujours chez moi plus riche et heureuse qu’en partant… » Madame Haumonté se réjouit des rencontres proposées par le diocèse, des réunions destinées à échanger les expériences… « Ce qui me nourrit aussi c’est toutes ces formations qui nous sont apportées… On ne peut pas aller à l’hôpital qu’avec de bons sentiments. Les lois, des façons d’aborder les malades, les familles, mais aussi la Direction et le personnel hospitalier nous sont apprises… Être “Laïque en mission” c’est pour moi un véritable bain de jouvence… » Le monde évolue. « Nous sommes dans un tournant sociétal. Il faut que les chrétiens gardent leur place. Nous n’avons pas à gommer ce que nous sommes, sans prosélytisme… On ne rejoint pas l’incroyant en mettant ses propres convictions dans sa poche. Osons ce que nous sommes !Être chrétien et heureux de l’être... Soyons un témoignage souriant. C’est pareil avec les enfants, il est inutile de jouer les ados avec eux. Les jeunes souffrent souvent de ne plus rencontrer de vrais adultes. Être bien dans ce que l’on a choisi. » Les grands yeux bleus de Françoise s’illuminent. Elle saisit des bonheurs simples comme la douceur printanière d’un rayon de soleil caressant un massif de perce-neige en fleur. « Cette joie intérieure qui nous anime, c’est probablement ce que l’on peut laisser de meilleur… » Josée Tomasi-Houillon



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13/11/14 Bernard Michel : « s’engager pour donner à espérer ! » (Témoins vosgiens)
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Originaire de Dommartin-les-Remiremont où il naquit second d’une fratrie de trois enfants, Bernard suivit une scolarité technique. Très tôt, il fit preuve d’un esprit chrétien qui le pousse au service de l’autre. C’est donc presque tout naturellement qu’en 1968 plutôt que de porter le fusil, il choisit de réaliser l'appel sous le drapeau dans la coopération à Madagascar. « Un choix personnel enrichissant sur le plan humain et utile qui devait durer 24 mois. » Il le prolongera d’un an pour continuer à dispenser l’enseignement secondaire. De retour au pays, Bernard Michel trouva un emploi et intégra l’usine Michelin de Golbey. Marié en 1972 à Anne-Marie, M. Michel se vit proposer en 1974 une affectation en Auvergne où son entreprise lui destinait un autre poste. Ce fut donc le déménagement. « Cette région est magnifique,nous nous y sommes très vite beaucoup attachés. Nous nous sommes aussi très rapidement intégrés dans la paroisse… » Institutrice, Mme Michel se chargeait du catéchisme. Le couple rejoint la chorale de Royat, une ville proche de Clermont Ferrant et s’adonna à de multiples activités en rapport avec la liturgie. « Le chant fait partie du bien physique et psychologique, il permet d’évacuer le stress… » L’aumônerie,l’accompagnement de jeunes et du prêtre de la paroisse sur les terrains de foot, les kermesses à organiser… il en fut ainsi durant 21 ans. En 1995, une mutation était de nouveau proposée pour un retour au sein de l’unité de Golbey. Bernard Michel retrouva donc ses Vosges natales où il avait pied à terre et réinstalla son foyer à Dommartin. Bernard se rapprocha de l’équipe d’animation et de la pastorale de la liturgie : « L’objectif est aussi que vive le plus possible l’Église locale ! » Coordinateur paroissial sous la houlette du Père Piotr, M. Michel se sent à l’aise dans sa fonction. « C’est tester l’organisation et l’ajuster en fonction de la capacité de chacun. La configuration locale est importante, une équipe ne ressemble pas forcément à une autre. Il est important d’établir une ligne directrice de façon à ce que les gens puissent travailler ensemble… »

D’autres approches, d’autres cultures

Bernard s’attache à prendre à la lettre l’orientation promulguée par le pape François et à l’intérieur de laquelle le Saint-Père demande la plus grande solidarité fraternelle envers les plus démunis. « Dans ce prolongement, il convient de porter son attention sur la façon dont l’Évangile est annoncé aux gens du coin… C’est au pied du Saint-Mont qu’est partie l’évangélisation du secteur de la montagne. Comment continuer l’oeuvre des anciens, sans doute de façon différente, mais dans son prolongement ? Avoir un curé polonais nous aide en nous permettant d’accéder à d’autres approches… L’Église est confrontée aux différentes cultures… Aujourd’hui quels moyens utiliser pour que des gens se laissent toucher par le message de l’Évangile ? Que perçoivent-ils de ce qui se passe ? C’est un vrai challenge, il nous faut sans arrêt nous remettre en question en essayant d’éviter les polémiques souvent levées sur des sujets superficiels… » une tâche très riche pour les bénévoles Bernard Michel développe également beaucoup d’énergie aux côtés du Secours-Catholique et de ses ateliers d’insertion. Le plus souvent envoyés par la Mission locale, des jeunes gens de 18 à 25 ans, souvent en grande précarité et totalement déstructurés de la famille, de la société, sont accueillis. Des travaux de menuiserie, couture, jardin… contribuent à remettre le pied à l’étrier. Sollicité par Claude Marchal pour épauler ce programme, Bernard se réjouit de voir progresser la trentaine de garçons et filles. « C’est une tâche très riche pour les bénévoles. Nous les voyons cheminer vers davantage de confiance et une meilleure capacité de rencontrer un employeur. » Membre du M.C.C (Mouvement Chrétien des Cadres) au sein de l’équipe de Remiremont où l’on réfléchit ensemble à des problématiques actuelles, M. Michel y exerce aussi des responsabilités pour le secteur Vosges. « Il faut bouger et s’engager pour donner à espérer ! » Son aide ponctuelle, ses conseils, sollicités par le diocèse notamment lorsqu’il s’agit de recrutement, de points législatifs sur la vie salariale, sont appréciés, car toujours très précis, impartiaux et mesurés. « Toutes ses activités sont passionnantes ! Retraité depuis 2009, je ne me suis jamais ennuyé ! Quand je veux me vider la tête, je jardine... J‘ai toujours eu une vie dans l’entreprise, je ne conçois pas la vie sans engagements. La retraite ne me préoccupait pas… Ce qui m’interroge c’est quand les gens s’accrochent à des choses figées… J’ai réalisé des pèlerinages, voyez comme ces figures que l’on y retrouve ont engagé leurs existences… l’immobilisme c’est la mort. La retraite n’est pas faite pour être un temps de consommation, chacun a sa place à tenir… »

Josée Tomasi-Houillon



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07/07/14 Marie-Ange Petitgenêt, disciple de Jésus (Témoins vosgiens)
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"J'aurais voulu être un homme, j'ai toujours regretté de ne pas être un prêtre !" Dieu en a voulu autrement.

Le 29 août 1931 à Olichamp, près de Remiremont, Édouard et Madeleine Petitgenêt donnaient naissance à une fille qu'ils baptisaient Marie-Ange. "Heureusement que mes parents n'ont pas choisi l'indication du calendrier de ce jour-là, car je me serais appelée Décollation de saint Jean-Baptiste !" s'amuse Marie-Ange dont le prénom n'est cependant pas issu du hasard. Sa mère qui s'était soumise à la décision de son paternel avait abandonné sa vocation de devenir soeur Marie-Ange.

L'époque était différente de la nôtre. Marie-Ange Petitgenêt en conserve des souvenirs ciselés et intacts. Avec une émotion toujours vive, elle évoque son père, un garçon qui partit à la guerre en 1912 et ne rentra chez lui qu'après 8 ans de souffrances. Le pauvre homme se tua en 1944 en chutant d'un grenier. En ce temps-là, on ne "s'écoutait" pas. On tenait tête au destin en retroussant ses manches et en priant Dieu. Avec sa maman et Geneviève, sa cadette, Marie-Ange releva le défi de garder la ferme familiale. "Je pensais me marier !" La jeune femme prit pour époux celui à qui elle comptait donner six enfants. Du fait de l'homme, le mariage ne fut jamais consommé. Le divorce fut prononcé, mais encore fallait-il que l'Église reconnaisse la nullité de cette union. Cousin de son beau-père, le prêtre à qui Marie-Ange confia son désarroi ne fut pas à la hauteur de l'événement. Peut-être ne perçut-il pas le drame intérieur de celle qui demandait de l'aide. Les expertises médicales et psychiatriques se succédèrent. L'enquête du tribunal diocésain fut bâclée. Au point qu'un chanoine bienveillant cria au déni de justice. En l'assurant de son soutien, il conseilla à Marie-Ange d'écrire au pape. Une quinzaine de jours plus tard, le facteur déposait une grande enveloppe aux sceaux du Vatican. Paul VI avait rendu son honneur à celle qui s'était adressée à lui. "Toute cette histoire fut une chose terrible dans ma vie. Je considère que c'est un miracle si je n'ai pas perdu la foi !" Marie-Ange Petitgenêt qui ne s'exprime pas dans la dentelle invite à se connaître avant de s'engager. Pour sa part, elle conserva sa virginité et ne se remaria jamais. "Chat échaudé craint l'eau froide !" dit-elle d'une boutade en tirant sur sa bouffarde. "Je fume depuis cette époque, le tabac m'a aidée à me consoler !"

Incollable sur Vatican II

L'appel du Christ interpelle parfois là où on l'attend le moins. Une religieuse aurait revêtu la robe et porté le voile. Inconsciemment peut-être, Marie-Ange Petitgenêt fit don à Dieu de toute sa féminité. Une casquette vissée sur la tête, elle prit la bêche et bossa comme un forçat attaché à la ferme. Le monde évoluait, à 49 ans, Marie-Ange dut chercher un emploi. Elle devint concierge de l'entreprise Cracco à Mirecourt avec la permission du patron de garder son chien. Un beau Berger allemand qu'un automobiliste tua cruellement. "Si je ne retrouve pas mes chiens en paradis, cela ne sera pas le paradis..." Retraitée depuis début 1993, elle habite depuis dans la petite maison qu'elle s'est achetée avec ses économies au coeur de Dogneville. Son domicile lui ressemble. Chaleureux quand on prend la peine de le connaître, sincère, sans fioritures. Autodidacte, Marie-Ange qui n'est jamais allée en classe et qui reçut seulement l'enseignement dispensé par sa maman lit le latin. Incollable sur Vatican II, le concile mis en chantier par Jean-XXIII la passionne.

Érudite, elle se régale des ouvrages du Père Lagrange, fondateur de l'École biblique de Jérusalem. "Son livre, l'Évangile de Jésus Christ, a ravivé ma foi !" Sa curiosité intellectuelle la pousse aussi à ouvrir les pages du "Canard enchaîné". Lorsqu'elle consulte "Golias" pour y découvrir le palmarès, si d'aventure le nombre de mitres attribuées ne lui convient pas elle ne craint pas d'écrire son sentiment à l'éditeur.

Cette petite femme aux vues parfois révolutionnaires sait cependant obéir. Elle fit le catéchisme parce qu'on lui demanda, prépara à la Confirmation, porta la communion à domicile... mais cessa lorsque l'Église le lui commanda. Entre les promenades avec son chien et le temps passé dans ses montagnes de bouquins, Marie-Ange ne s'ennuie pas. La fraîcheur de ses idées décoiffe d'un vent de renouveau qu'elle voudrait sentir souffler sur l'Église et la Curie. "J'attends de François qu'il mette au pas ces sacrés bonshommes... Quand le fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur terre ?"

Chaque mois, Marie-Ange apporte un concours infaillible à notre journal Église dans les Vosges en produisant la chronique "Il y a 50 ans".

Marie-Ange Petitgenêt n'a pas pour habitude de se révéler. Elle, dont l'existence ressemble par moment à un véritable chemin de croix, connaît la grâce de ceux que Jésus a désignés pour transmettre de la joie de croire et d'espérer. Ce portrait, elle n'en voulait pas, mais l'amour de Dieu et l'amitié l'ont poussée à changer d'avis. Chrétienne pétrie de foi, Marie-Ange ne se livre pas pieds et poings liés, mais en fraternité. "Je témoigne humblement".

Josée Tomasi-Houillon

Marie-Ange nous a quittés le 5 juillet 2014 pour rejoindre Dieu



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07/05/13 Robert Henry, le prêtre, l'ami de toujours
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Le 14 février 1928 à Plombières les Bains, la sage-femme, appelée affectueusement « la mère Michel »,aidait une maman à mettre au monde son enfant. Renée et Marcel Henry accueillaient alors Robert, leur second fils. Très vite surnommé Roby, le garçonnet partagea ses jeux entre Pierre son aîné et Jacques le petit dernier. Robert Henry évoque une enfance heureuse, vécue dans la chaleur d’un foyer chrétien. Très tôt, puisqu'il n'avait qu'un peu plus de 2 ans, Roby fréquenta la maternelle. De mémoire intacte, il se souvient de Mlle Remy, son institutrice, secondée par Mlle Joséphine, puis au primaire à Saint-Augustin des frères Marianistes Bickel et Grosser. Dynamique et sportif, Roby s'adonna dès 7 ans à la natation. Son véritable amour pour la nature se manifesta dès son plus jeune âge par de grandes promenades dans les forêts et la belle campagne vosgienne. Gamin téméraire, il prit de « sacrées bûches » à vélo et réalisa quelques audacieuses baignades dans les étangs du coin. « Roby, disait maman, où sont tes lunettes ? Perdues?... Oh non, maman, je sais où elles sont ! J'ai plongé avec... elles sont restées au fond ! » Un peu plus tard, Roby commença à délivrer de l'essence, ranger les voitures des curistes, accueillir les baigneurs à la gare et les conduire jusque leur hôtel grâce au petit autobus de son père, garagiste après avoir été aviateur. Tout ceci occupait l'adolescent qu'il devenait, et qui se dévouait à servir les messes des prêtres en cure.

De son certificat d'études passé en 1940, Roby ne possède aucune trace. Et pour cause ! « J'ai tout réussi, sans jamais avoir de résultats officiels à cause de la débâcle, aussi incompréhensible que douloureuse pour nous, gosses insouciants ! » Ses communions à Plombières précédèrent la Confirmation. « L'abbé Paul Lapoirie, qui détecte alors ma vocation sacerdotale, me fait faire la 6e sur place. Je rentre en 5e au séminaire de Saulcy en 1942. »

Ce sera ensuite Autrey, puis Luxueil, jusqu'en 1945 et enfin le Grand séminaire à Saint-Dié. Robert Henry portera la soutane dès 1947 et sera convoqué l'année suivante pour effectuer son service militaire. De retour en Déodatie, il reçoit son ordination sacerdotale le 21 mars 1953. Il dira sa première messe solennelle à Plombières le 6 avril 1953.

Soixante ans déjà ! Le chanoine Bihr, curé de Remiremont l'appellera pour remplacer l'abbé Paul Petitjean, malade. Il s'agissait aussi d'être aumônier de la colo Tuilerie avec 25 filles sous la houlette du chef Odile Noël. Le prêtre devenait alors vicaire de Remiremont, une fonction qu'il assurera de 1953 à 1960. Roby n'a pas oublié les copains de l’époque, Michel Kuehn et Nénesse Claude. Bien sûr son ministère, le culte, l'eucharistie, les sacrements, le caté, le service de quartier de la Madeleine, l'aumônerie du lycée de filles, la JOCF, les Âmes vaillantes, les colos... « On ne chômait pas ! Mais quel service sacerdotal passionnant, j’ai rencontré des difficultés parfois, mais tellement de gens merveilleux » !

La grande grâce d’avoir beaucoup d’amis

Nommé en 1960 aux Œuvres à Épinal, il devient aumônier diocésain de JEC-JECF. Il se chargera de la préparation au mariage, de communication, sera aumônier CMR sur le secteur de Saint-Étienne les Remiremont. Directeur de colos, diplômé surveillant de baignade, le prêtre conserve en mémoire la joie des camps de vacances à la mer, à la montagne. « J’ai attrapé le virus des randonnées et des sommets alpins. » Par deux fois, Roby atteindra le sommet du Mont Blanc. Les grands espaces l’attirent. 1700 vols durant plus de 300 heures, Roby s’échappe vers l’horizon en parapente. Bien avant d’autres religieux, il mit son talent de chanteur en solo, mais également au profit du groupe des « Saints-Pères » affiliés à la chorale à cœur joie. Des enregistrements furent même gravés !

Après 9 ans aux Œuvres, en 1969, Robert Henry est nommé à Dounoux puis à Xertigny en 1974. Il y exercera son ministère durant 31 ans ! « Avec amour, j’ai essayé d’être prêtre du Christ pour et avec tous les paroissiens… » D’une plume alerte, il rédige les hebdomadaires paroissiaux, soit au total environ 1500 numéros ! Dans la petite maison où vit maintenant Roby, des photos recouvrent les murs. Des visages de parents, d’amis, dont André et Monique Marin. Monique qui a quitté les siens, mais qui n’est pas oubliée. « Dieu m’a donné la grande grâce d’avoir beaucoup d’amis. Tout en étant seul, je ne le suis jamais ! » Le monde d’aujourd’hui inquiète le prêtre « Une grande partie de l’humanité devient haineuse, revancharde, égoïste, individualiste… Il faut tout faire pour arrêter cette violence… »

L’élection du pape François réjouit Robert. « … Il me coupe le souffle depuis son élection. Son amour des pauvres n’est pas surfait… Cette attitude n’est pas du flan… Il conduira certainement notre Église d’une façon bonhomme, mais ferme. Je suis content, François, sans numéro, c’est chouette ! » Fan de saint Paul, le prêtre a connu l’émotion de marcher sur les pas du Christ à Jérusalem, il a également visité Rome. Malgré des soucis de santé dus à son grand âge, Roby conserve son âme de jeune homme. Récemment, il le reconnaît : « c’était un peu fou », il s’est offert un vol assisté en parapente. « Avec Édith Piaf, j’ose chanter, non rien de rien, non je ne regrette rien ! » Un bon sourire, Roby se dépêche, bien que retraité, il part officier une messe. Que voulez-vous, on ne se refait pas !

Josée Tomasi-Houillon

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