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Témoins vosgiens

Acteurs diocésains - Missionnaires - Saints(es) et Bienheureux(ses) vosgien(ne)s


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Chacun contribue ou a contribué à la foi vosgienne, signe de l'action de Dieu dans les Vosges

Des acteurs dans le diocèse

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Ils sont laïcs ou religieux et participent activement à la vie de l'Église dans les Vosges. Témoignages.

- Cathy Gabet : Tous concernés, tous acteurs !
- Jean Belambo : Allons vers ce jour nouveau !
- Marie-Françoise Haumonté : Vivre l'Evangile au quotidien !
- Bernard Michel : S’engager pour donner à espérer !
- Marie-Ange Petitgenêt, disciple de Jésus
- Robert Henry, le prêtre, l'ami de toujours
- Hubert Demange, solide pilier de soutien de Notre Dame de Champ
- Sophie Chevalley, pilote de Festi Jeunes
- René Paragon, centenaire, rêve d’un monde de vérité
- Marie-José Millery, retrouver la confiance, ou l’itinéraire d’un recommençant.
- Suzanne Madre et Jeanine Perrin, un tandem de réconfort
- Claude Antoine, trésorier bénévole, ne compte pas son temps !
- Olivier Bourion, un prêtre parmi d'autres prêtres
- Louis Boucher, un regard vers demain
- Michèle Marchal prend l’accueil à cœur
- Philippe Roux, un regard de joie
- Les Soleils d’Éliane Klein
- Céline, témoignage d'une catéchumène
- Betty Bourion tisse une toile tout en couleurs
- Roselyne Vancon : " parlez d'eux ! "
- Claudine Mathieu, un capitaine sur le pont
- Le printemps de la foi de Flore Fayon
- Bernadette Grandemange, femme de diacre
- Laure Desforges, avocate sans frontières
- Cécile Strubhart, éducatrice pour enfants handicapés
- Corinne et Jean-Louis Chotard, membres des Équipes Notre-Dame
- Christian Vacelet, compas et boussole en mains
- Anne-Marie Etienne, telle une petite abeille !
- L’écoute bienveillante de Sœur Thérèse, des Hospitalières du Saint-Esprit
- Claire Fauvet-Muller, des mains et un cœur en or
- Sœur Ika, à l’Accueil du Pèlerin
- Daniel Claudon "Il faut croire en soi"
- Évelyne Spittler, ou l’art de vivre une retraite des plus actives
- Françoise Esplat porte des fleurs au chœur
- Anne Dufala, de l’or dans les mains !
- Agnès Canal cultive le présent pour les fruits de demain
- Daniel Claudon cible toujours plus de communication

Tous ces articles ont été publiés dans le magazine « Eglise dans les Vosges ». En vous abonnant , vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.


Les Missionnaires

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Ils sont laïcs ou religieux. Tous sont Vosgiens partis découvrir d'autres cultures, d'autres pays pour nourrir leur foi. Ils nous donnent régulièrement de leurs nouvelles. Parcours à découvrir.

- Sœur Geneviève Lapierre, Clarisse en Ouganda
- Les sœurs Noël, missionnaires, racontent...
- Quelques nouvelles des bords du Mékong
- Comment penser la mission aujourd’hui ?
- Prière pour construire l’Eglise de demain
- Prière d’Afrique
- Colette Simonin : paroles de Côte d’Ivoire
- Lettre de Bénédicte
- Nouvelles des missionnaires pour la nouvelle année
- Les nouvelles de fin janvier
- Équateur et Algérie : Nouvelles de nos missionnaires
- Delphine et Mathieu en Centrafrique
- Claire, lettre d’Oran
- Michel Lynde
- Sœur Marie-Agnès d'Haïti, "espère en Dieu quand même"
- Pierre Prévot du Burkina Faso
- Sœur Cécile, missionnaire en Afrique, dernier adieu
- Sœur Marie-Thérèse Baudoin, missionnaire en Égypte - nouvelles de mai
- Jean-Marie Lapierre, revenu du Burkina Faso
- Sœur Geneviève Boyé, des nouvelles du Brésil
- Sœur Angela, nouvelles du Mexique
- Vœux de Michel Lynde depuis les bords du Mékong
- Pierre Petitfour écrit de Mingana, Congo
- Sœur Colette Simonin, au cœur de la Côte d’Ivoire
- "Regard sur l’année" par Pierre Prévot
- Sœur Jeanne Bastien écrit de Oran, Algérie
- Sœur Myriam-Agnès Leblond, 83 ans, écrit d’Argentine
- Du monastère de Sœur Geneviève Lapierre en Ouganda
- Sœur Marie-Odile Gigant écrit du monastère de Diabo au Burkina Faso
- Sœur Geneviève Boyé, 88 ans, écrit de Confresa
- Ouverture d’une communauté religieuse à Haïti


Les Saints(es) et Bienheureux(ses) vosgien(ne)s

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Pour que chacun puisse connaître l’histoire des saints des Vosges, l’ouvrage du chanoine Laurent “Ils sont nos aïeux” (Ed La vie diocésaine de Saint Dié, 1980) a fait l’objet d’une saisie complète pour le site du diocèse. Merci au chanoine-défunt pour son érudition qui trouve un prolongement sur internet et merci à Astrid Ficher pour la saisie.

Les saints sont présentés ci-dessous selon un ordre chronologique

Avertissement
Nous publions ici selon un ordre chronologique les biographies de nos aïeux dans la foi d’après l’ouvrage du Chanoine André Laurent publié en 1979.
Vous trouverez parfois des références ou allusions à des articles qui suivent celui que vous lisez.


10/09 /10 Sœur Geneviève Lapierre, Clarisse de l'Ouganda (Témoins vosgiens)


Sœur Geneviève Lapierre écrit depuis le monastère de Clarisses en Ouganda

Nous avons été très touchées de votre communion et de vos prières lors des glissements de terrain dans notre pays. Oui, des dizaines de morts et des centaines de familles sans ressources...
Pourtant un grand mouvement de solidarité s'est éveillé, mais c'est souvent de courte durée.

Vous avez dû apprendre aussi la tragédie des bombes du 11 juillet dans la capitale, elles ont éclaté dans deux lieux de rassemblement autour d'écrans géants pour suivre la finale de la coupe du monde...76 morts et des dizaines de blessés.
Le pays a été secoué et on est vérifié dans tous les lieux publics, à présent.

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Mais il y a aussi de belles choses qui se passent. Je vous envoie une photo de la célébration que nous avons eue avec les prêtres du diocèse : 70 ont répondu à notre invitation pour fêter leur sacerdoce à la clôture de l'année qui leur été dédiée.
A la procession d'entrée les sœurs ont dansé le Psaume : "Tu es prêtre pour l'éternité".
A l'intercession, chaque prêtre du diocèse a été nommé, renouvellement symbolique de leur engagement par l'offrande d'une bougie...
Puis repas sous la tente, au jardin et représentation par un jeu scénique de l'apparition du Ressuscité près du lac : "Pierre, m'aimes-tu ?"

Depuis nous nous sentons encore plus en communion avec nos frères prêtres et nous recevons souvent de petits messages téléphoniques demandant notre prière.

Merci pour tout ce que vous faites pour "vos" missionnaires. Nous demeurons en profonde communion dans le Christ, notre Vie, de la part de Mère Abbesse et de toutes mes sœurs.

Sœur Geneviève Lapierre

08/09 /10 Olivier Bourion, un prêtre parmi d'autres prêtres (Témoins vosgiens)


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Clair dans son engagement, Olivier Bourion vit sa vocation religieuse avec une réelle sérénité. Au sein des quarante-huit communes de sa paroisse Saint-Basle, on sait pouvoir compter sur lui. Et c'est avec une véritable joie qu'il assure sa tache aux côtés des deux autres prêtres responsables du secteur, Jacques Heinrich, responsable diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle et François Vuillemin, membre de la Mission de France. Tous ces articles ont été publiés dans le magazine « Eglise dans les Vosges ». En vous abonnant , vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.

Natif d'Épinal, Olivier Bourion, maintenant âgé de quarante ans, a passé son enfance comme beaucoup de gamins sur le plateau de la Justice. Un père employé de la SNCF, une mère assistante maternelle, il a partagé les jeux de ses deux jeunes frères.
Et se souvient en souriant avoir souvent enjambé les chiens à roulettes et les nounours des bambins accueillis au foyer. Est-ce de ce noyau familial chaleureux qu'il tient son besoin permanent d'exister parmi les autres ?

Très vite, le Spinalien éprouvera une attirance pour le développement de la pensée, pour l'analyse du verbe. Il voudra devenir professeur de Lettres. Sa foi l'invitera à entrer au séminaire. Diacre, il sera ordonné prêtre en 1998 et officiera durant deux ans à Rambervillers.
Décelant en lui un homme de réflexion, l'évêque Monseigneur Guillaume, lui demandera de partir pour Rome et de s'y former aux Écritures saintes.

S'inventer une existence...

En Italie, Olivier Bourion prendra part au quotidien de vingt-cinq autres religieux logé à Saint-Louis-des-Français. De cette période, il conserve le souvenir d'une ambiance certes très sérieuse, mais « très sympa, j'étais là un prêtre parmi d'autres, jamais seul. Nous échangions beaucoup d'idées durant de longues discussions... »

Sa formation terminée, le Vosgien reviendra au pays pour prendre ses fonctions à la cure de Vittel, mais aussi pour enseigner au grand séminaire de Metz. Les occupations et l'agenda de M. l’abbé Bourion se répartissent donc pour l'essentiel entre ses deux cités. Homme d'Église et professeur, c'est bien à chaque fois d'un plein temps qu'il s'agit. Chaque rentrée se présente comme une nouvelle aventure. Comme un bout de chemin à construire avec ceux que le Seigneur appelle. « Il n'y a pas de parcours standard, si la moyenne d'âge avoisine 23 à 24 ans, certains élèves n'ont pas suivi depuis toujours des cours religieux.
Ils ont accompli une démarche radicale et ils arrivent tout simplement de leur vie... C'est une chance de côtoyer ces étudiants, mais je ne suis pas là à mon compte, je suis en mission. Pour chacun, il est fantastique de pouvoir en toute connaissance de cause s'inventer une existence... Mon travail est enthousiasmant, mais on est traversé par des tas de questions, il faut apprendre à être clair avec son identité. En paroisse également, je viens modestement aider les gens à déceler et dire où ils en sont avec Dieu... »

Olivier Bourion n'oublie jamais les 4 axes qu'il se fixe. Tout d'abord l'humain, il s'agit d'apprendre à discerner les faiblesses, pour mieux stimuler les qualités de chacun. Le spirituel, s'ouvrir à Dieu, tenter de rencontrer le Christ, nourrir une histoire d'amour... L'intellectuel à conjuguer avec la pastorale qui demande d'apprendre à devenir prêtre au quotidien, sur le terrain. « Sans jamais oublier que la force des prêtres ce sont les autres prêtres... Nous sommes les témoins privilégiés de la vie des gens. »

Une qualité de vie

La conscience du temps qui passe, du monde qui bouge. « Nos paroisses évoluent à grande vitesse. Nous devons intégrer que nous entrons dans une histoire. Nous ne sommes pas les premiers, nous ne sommes pas seuls... Au séminaire, nous formons des défricheurs. Tous montrent leur soif de mieux connaître les Évangiles pour se projeter dans l'avenir... »

Tombent forcément les questionnements sur le célibat des prêtres. L'enseignant sait qu'il aura à répondre aux légitimes interrogations des séminaristes. « Vous savez le célibat dont on parle tant, ce n'est pas une privation, mais un renoncement, une qualité de vie. Certes très particulière, mais qui autorise de vivre dans un amour immense, de rejoindre un chemin pour s'ouvrir vers plus grand... Si l'on passe à côté de certaines choses, d'autres nous appartiennent.

J'explique que ce n'est pas une vie par défaut, qu'il faut du temps... Ils ne sont pas naïfs. Il ne s'agit pas non plus d'une prison dorée... L'enthousiasme d'accompagner, un vrai bonheur... »
Toujours faire de son mieux pour aider dans un cheminement de foi et « Aider à ouvrir une porte à jamais ouverte sur une vie plus riche, plus profonde qu'ils ne l'imaginent en entrant au grand séminaire, une vie de mystère tout en demeurant des citoyens, dans le respect de la laïcité... »

À passer un moment avec le prêtre, on touche du doigt cette plénitude qu'il s'applique à transmettre. « Heureux de découvrir combien chaque vie humaine est unique ! »

Josée Tomasi-Houillon

16/06 /10 Les soeurs Noël, missionnaires, racontent... (Témoins vosgiens)

Françoise

Juan, le 25 avril 2010

Chers tous et toutes,

Du soleil, la mer pas loin, un séjour en famille bien sympathique : tout ce qu’il faut pour que le chemin de l’amitié se rouvre vers vous, membres de la famille et amis de longtemps.

Cette année nous sommes restées bien silencieuses, Odile (ma sœur) et moi. Fin mai 2009, l’une comme l’autre, nous avons du quitter nos pays d’adoption pour raison de santé. Pratiquement en même temps, Odile quittait l’Equateur et moi le Congo Kinshasa ! C’est à l’hôpital d’Antony, dans la banlieue de Paris, qu’elle venait me retrouver ! Pour nous un vrai miracle !
Une grosse opération dans l’appareil digestif, traitement de chimiothérapie et divers contrôles m’ont bien occupée jusqu’à maintenant. Dès mon arrivée j’ai été accueillie dans la communauté de mes sœurs à Sceaux. En plus des attentions de mes sœurs, j’ai eu la joie des visites quotidiennes d’Odile, sans parler de celles de mes frères et belle-sœurs, véritables surprises. Et aussi les amis. Finalement un petit voyage dans l’Est a été possible. Aller sur la tombe de Papa, revoir Fonteny.

« On a réussi à la remettre debout ! » m’a-t-on dit. A force de tant de gestes d’affection et de prières, oui, je suis en bonne voie de guérison. Comment dire merci…
Il me venait souvent ce chant « Dieu règne, peuples criez d’allégresse, la vie a vaincu la mort, la croix a vaincu l’enfer, Alleluia, Christ louange à toi ! » Le cancer est devenu une maladie très courante, malheureusement. J’ai côtoyé beaucoup de drames au service d’oncologie. Et aussi tant de courage du personnel et des malades. Et je me demande : pourquoi je guéris… pourquoi moi ? Maintenant repartir au Congo ou rester ? Rester ici pour toujours ? Question délicate que se pose un jour tout missionnaire. Ce n’est que petit à petit que la convalescence s’avère longue, les contrôles nécessaires, les forces limitées. « Il faut deux ans avant de se sentir bien » paraît-il. Pour le moment la sagesse c’est de rester. Une mère de famille d’ici comprenait la douleur de cette rupture avec ce milieu africain. Quarante ans de vie ensemble, la fécondité de ma vie est là-bas. Donc cette dame me dit : « C’est comme quand nos enfants partent de la maison »

Les liens demeurent. L’Internet, les photos, les lettres permettent une certaine proximité, une continuité dans les relations. L’eucharistie rassemble autour du Christ, tous ceux et celles qui s’aiment au-delà de toute frontière. Un même Esprit peut être demandé, toutes les intentions confiées.

« Ma communauté » de Kadutu (Bukavu) continue à accueillir et former des jeunes qui demandent à devenir religieuses missionnaires. Ce sont les premières étapes. Mapendo et Antoinette, jeunes professes, me donnent des nouvelles : elles sont heureuses de la formation reçue. A leur tour elles animent, entre autres, les rencontres d’animation missionnaire où nous nous sommes connues.

En septembre 2009, mes sœurs ont pu commencer un jardin d’enfants pour trente cinq enfants du quartier. Nombre limité volontairement. Depuis plusieurs mois nous avions fait ce projet ensemble. L’objectif est de former les jeunes enfants dès trois ans aux valeurs qui nous tiennent à cœur. Elles sont essentielles pour une société en paix. Elles s’enracinent dans l’Evangile. Vérité, justice, politesse, respect des autres et de soi, accueil de tous, foi. Les enfants inscrits sont de niveau social, de religion, d’ethnie différents, autant qu’il est possible. La participation financière doit couvrir tous les frais. Participation en nature et péréquation permettent aux enfants de famille démunie de s’inscrire. Les parents sont impliqués dans la formation.

Le Groupe Lavigerie des missionnaires laïcs a renouvelé son comité d’animation. Ils sont quatorze couples, dont les épouses se préparent à un engagement dans l’esprit missionnaire du Cardinal Lavigerie. « Je me suis fait tout à tous, car j’ai dit au Dieu de tous : je suis tout à toi ». Ils sont spécialement attentifs aux personnes marginalisées pour diverses raisons : misère, isolement, maladie, enfance abandonnée.

Je reçois des nouvelles des anciennes élèves et de leur association AMIDA. Elles me confient des intentions de prière. Elles soutiennent le lycée où je les ai connues. J’y avais enseigné une dizaine d’années. Que font-elles ? Rencontres éducatives, entretien des bâtiments, améliorations (antivols). Dans différentes écoles, une éducation affective et sexuelle a été donnée.

Mes amis et amies, des tout pauvres, me manquent. Nous partagions joies et peines. Leur confiance était si touchante. Leurs cadeaux étaient de grand prix : le petit lapin de Baba Marco ou les bananes de Mama Marie. Que Dieu, en qui ils ont une si grande confiance, les garde et les protège.

Voilà un petit tour d’horizon. Vos nouvelles me font toujours plaisir. Je ne crois pas vous avoir tous remercié personnellement quand vous nous avez aidées. Aussi je le fais ici. Vous avez votre part dans tout ce que Dieu m’a donné de vivre. Qu’il vous bénisse ainsi que tous ceux et celles qui vous sont chers.
Je vous redis toute mon amitié,

Françoise




Odile

Le 22 avril 2010

Très chers famille et amis,

Voici que l’hiver est passé et c’est l’explosion de vie du printemps : les bourgeons, les fleurs, les chants des oiseaux, un émerveillement de vivre à nouveau le cycle des saisons … sans oublier toutefois les furies de la nature : le réchauffement de la terre, le séisme catastrophique d’Haïti où se trouvent nos sœurs dans un quartier très populaire de Port au Prince, ceux du Chili et de Chine… l’explosion du volcan d’Islande qui vient de paralyser partie de l’Europe !

Avec Françoise, nous avons tardé encore cette année pour vous rejoindre, cette fois-ci pour raison de santé. Cela a été une surprise pour chacune de nous de devoir revenir à 15 jours d’intervalle en mai 2009 sans nous être concertées. J’arrivai le 15 mai, et Françoise 15 jours après moi. Providentiellement, j’ai pu visiter Françoise tous les jours à l’hôpital durant la période la plus critique ; un vrai don de Dieu pour que nous puissions nous rencontrer tout au long de cette année, et en même temps une occasion de resserrer nos liens de famille entre nous 5 frères et sœurs, belles-sœurs et familles !

Pour moi, ce fût un retour d’Equateur un peu précipité, à cause d’une forte fatigue ; cela s’est avéré nécessaire quelques mois avant de célébrer « 40 ans » depuis mes premiers vœux à Béni Abbès, au désert du Sahara le 1° mars 1970, ce qui correspond aussi à mes 65 ans d’âge ! Donc je suis à la fin d’une année de pause bien nécessaire et qui m’a permis de retrouver des forces neuves et un nouveau souffle, avec un rythme différent, pour une mission que seul le Seigneur connaît pour le moment. C’est le temps de vivre la prière du Père de Foucauld : « Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’Il te plaira».

C’est aussi le moment de rendre grâces pour tout ce que j’ai reçu durant ces 40 ans, qui me font penser à Moïse, à l’exode : durant cette longue traversée du désert ; une étape où j’ai pu relire le vécu avec différents peuples, comme une histoire « sainte » que Dieu continue d’écrire avec nous, avec nos amis que nous aimons, à travers leurs souffrances et leurs joies ! Combien ai-je reçu du peuple salvadorien et de son histoire martyriale : un témoignage si fort de donner la vie pour les autres pour un monde juste et fraternel. Quelle richesse que la spiritualité Indienne avec ses symboles : la terre, l’eau, l’air et le feu ; une spiritualité qui vit une harmonie entre toute la création avec l’homme et la femme, tous les êtres vivants et Dieu, où l’éducation essaye d’être libératrice et de préparer les jeunes et les adultes à vivre en frères !

C’est ce que nous avons essayé de vivre avec le groupe des jeunes « semilla », ils poursuivent leur chemin vaillamment et continuent de former des jeunes engagés chrétiennement pour un monde nouveau ; il y a d’autres jeunes qui sont en route avec le groupe semilla, on les appelle « semillitas », c’est à dire « petites semences » ; nous sommes heureuses que le groupe continue avec le même mystique avec l’appuis de l’Association Saint Louis de Montbazin et d’autres amis !

Après un temps de réflexion et de discernement, nos sœurs du Conseil en dialogue avec nous trois : Sabine, Christine K. et moi, ont décidé de ne pas continuer à La Inmaculada en Equateur. Nous n’avions pas de sœurs en nombre suffisant, ni pour Sabine et moi la possibilité physique de continuer à vivre à 2800 m d’altitude. D’autre part, c’était le moment pour que nos amis, après 30 ans de présence, prennent eux aussi les choses en mains ; ces derniers temps où Sabine et Christine ont préparé notre départ, nos amis des 10 villages ont bien montré leur désir de continuer la mission coordonnés par les Animateurs de communautés, cela nous rappelle cette belle phrase d’un chant à Monseigneur Proano ( Longtemps Evêque des Indiens): « Tu t’en vas, mais les arbres que tu as plantés, restent », c’est ce que nous ont dit les jeunes et adultes avec lesquels nous avons vécu et travaillé… Peut-être qu’un peu plus tard d’autres religieuses pourront continuer là où nous vivions, c’est à confirmer. Un prêtre diocésain continue à venir les dimanches et donne son appuis aux laics : catéchistes et animateurs de communautés.

Sabine et Christine ont déjà rejoint le Salvador où nous avons deux fraternités. Quant à moi, je serai en dialogue avec mes sœurs du Conseil, pour recevoir dans quelques mois un nouvel envoi.

Malgré mon silence cette année qui était nécessaire pour me récupérer, je reste proche de chacun et chacune d’entre vous et suis toujours heureuse d’avoir de vos nouvelles et vous remercie de vos aides et de votre amitié fidèle.

Je vous souhaite un beau temps pascal, et que Jésus ressuscité efface toute tristesse et fasse surgir la paix et la joie, pour que naissent là où nous vivons des cieux nouveaux et une terre nouvelle que nous construisons ensemble.

Avec toute mon affection fraternelle,

Odile
xxx@xxx.xx

10/06 /10 Quelques nouvelles des bords du Mékong (Témoins vosgiens)
Le Père Michel Lynde actuellement en France, partage son vécu missionnaire :

Quelques nouvelles des bords du Mékong

"La petite communauté au bord du Mékong a maintenant 15 ans. En milieu exclusivement bouddhiste, elle essaie, mais avec difficultés, de rassembler les initiatives et quelques bonnes volontés surtout parmi les jeunes, pour faire ensemble quelques gestes de solidarité, dans un milieu qui évolue vite et pas toujours bien.

A partir de ce compagnonnage, nous souhaitons mieux rendre compte de notre espérance réciproque et nous apprécier mutuellement. Il y a eu quelques problèmes, des familles dispersées, des départs vers d'autres provinces (études ou chômage), la fatigue des uns, la santé des autres... Le centre continue malgré tout de rayonner vers les gens isolés, les plus délaissés mais avec discrétion et modestie.

Les officiels ont aussi leurs activités et nous essayons d'y entrer aussi. Le centre loge quelques personnes âgées, aide les écoliers, recherche comme il peut du travail pour quelques uns, et fait à l'occasion, la catéchèse des commençants. Nous nous ressourçons avec l'Ecriture, un jour par semaine, et aussi avec tous après l'Eucharistie de chaque dimanche après quoi nous partageons tous notre repas.

Pour les jeunes scolaires ou au travail cela est plus difficile. Ils ont maintenant motos et vidéos, captés par les jeux électroniques, et le milieu n'aide en rien. Le travail manquant, beaucoup vont à Bangkok et la plupart y reste.

Le centre vit par son travail d'artisanat, mais là aussi il y a difficultés. Il faut inventer, les goûts changent, les ventes sont difficiles. Le travail doit faire vivre les familles et assurer les activités pastorales. C'est pourtant ce travail et l'engagement qui fait vivre l'Evangile en vrai.

De l'autre côté du Mékong, le Laos évolue très lentement. Quelques prêtres vietnamiens y sont venus aider les prêtres du Laos. La frontière est moins imperméable, j'ai pu y aller quelquefois en visite, mais pas pour y travailler évidemment. Mais de voir le pays de l'autre côté du fleuve, de pouvoir correspondre m'oblige à porter tout ce qui s'y vit dans la même prière et le même souci... je vous le partage."

Michel Lynde, qui repart le 16 juillet prochain

25/05 /10 Comment penser la mission aujourd'hui ? (Témoins vosgiens)
Comment penser la mission aujourd'hui, en particulier dans son enracinement ecclésial ?
Selon la manière dont nous pensons la mission, c'est tout un sens de l'Évangile, un sens de la foi, un sens du mystère de Dieu qui est impliquée.

Premier défi :
Nous sommes aujourd'hui entre deux formes de pensée de la mission :
- La mission pensée à partir du partage que quelqu'un peut faire de la perle précieuse qu'il a découverte. C'est un partage entre amis, c'est un partage qui se fait à partir d'une relation vivante avec Jésus-Christ...
"Si de nos jours le christianisme n'est plus vu comme une source de joie, c'est parce qu'il est perçu comme quelque chose d'institutionnel, et non comme une rencontre personnelle avec le Christ... Si le christianisme n'est pas une rencontre, il apparaît comme une vieille tradition, marqué par de vieux commandements, quelque chose que nous connaissons déjà et qui ne dit plus rien de nouveau. Il est décisif d'arriver à ce point fondamental d'une rencontre personnelle avec Dieu, présent aujourd'hui encore et contemporain." (Benoît XVI)
- La mission pensée à partir de l'Église déjà là, bien installée, pensée à partir de cette installation. Une Église qui joue son rôle plus au niveau du culturel et du politique qu'au niveau d'un témoignage de foi. C'est une Église qui a vécu la mission dans un contexte de domination et de colonisation et qui a gardé une attitude du plus grand vers le plus petit...

Deuxième défi :
Nous avons appris à penser la mission à partir d'un langage spatial, territorial: des territoires de mission, mission pensée en terme géographique (déplacement d'un lieu à un autre).
Mais la mission est de partout à partout, elle est de toujours. Elle est inspiratrice d'un sens profond de la vie, et se dit en termes symboliques.

Troisième défi :
La Mission de l'Église ne peut être tournée sur elle-même "renforcer notre club, augmenter la surface de notre boutique, installer de nouvelles succursales". Au cœur de la Mission il y a la passion de Dieu pour l'homme, afin qu'il vive heureux, il y a la passion de Jésus qui s'est identifié à la passion de Dieu pour sa créature.
Une Église tournée vers elle-même, arrogante, et qui parle de mission, ne peut que rebuter ceux qui sont dehors. Une Église qui s'organise autour du confort de ceux qui sont dedans détruit de l'intérieur toute dynamique missionnaire, fondée sur le partage de la foi, la guérison des aveugles et des sourds.

Quatrième défi :
La rencontre des traditions culturelles et religieuses ouvre un nouveau défi.. Deux attitudes extrêmes: le relativisme généralisé (chacun dans sa propre religion) et un ecclésiocentrisme (que tous nous rejoignent). Entre les deux coexistent toutes les attitudes. Le facteur religieux est important pour notre planète et son avenir. Qu'y devient la Mission, le partage de la Foi ?

Cinquième défi :
Celui de l'approfondissement de la conscience ecclésiale des chrétiens: nous ne sommes pas des adhérents à un programme qui se réalise au-dessus de nos têtes. Nous sommes appelés à participer à un Église qui se fait ici et maintenant, localement par son accueil du mystère pascal. L'universalité de l'Église est une universalité de contenu (c'est le mystère pascal qui crée cette universalité) et non pas d'organisation. Le Pape se voit lui-même comme le serviteur de la communion...

d'après Jan Dumon Mission d'Église n°159

29/04 /10 Prière pour construire l'Eglise de demain (Témoins vosgiens)
Il est bon parfois de prendre du recul et de regarder derrière soi.
Le Royaume n'est pas seulement au-delà de nos efforts,
Il est aussi au-delà de notre vue.

Durant notre vie, nous n'accomplissons qu'une petite partie de cette entreprise magnifique qu'est le travail de Dieu.
Rien de ce que nous faisons n'est achevé,
ce qui voudrait dire, en d'autres termes,
Que le Royaume se trouve toujours au-delà de nos possibilités.

Aucune déclaration ne dit tout ce qui peut être dit.
Aucune prière n'exprime complètement notre foi..
Aucune religion n'apporte la perfection.
Aucune visite pastorale n'apporte la plénitude.
Aucun programme n'accomplit la mission de l'Eglise.
Aucun ensemble de buts et d'objectifs ne peut être complet.

C'est ainsi que nous sommes.
Nous plantons des graines de semence qui un jour pousseront.
Nous les arrosons, sachant qu'elles portent en elles la promesse du futur.

Nous posons des fondements sur lesquels d'autres construiront.
Nous fournissons le levain qui produira
des effets bien au-dessus de nos capacités.

Nous ne pouvons pas tout faire,
et le comprendre nous apporte un sentiment de libération.
Cela nous permet de faire quelque chose, et de la faire bien.
Ce n'est peut être pas fini, mais c'est un début, un pas de plus sur le chemin,
une opportunité de laisser entrer la grâce
du Seigneur qui fera le reste.
Nous pouvons ne jamais voir le résultat final,
mais c'est la différence entre le maître artisan et l'ouvrier.
Nous sommes des ouvriers, pas des maîtres artisans,
pas des ministres, pas des messies.
Nous sommes les prophètes du futur et non de nous-mêmes.

Amen