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Lundi 29 novembre
Saint Sernin
ou Saturnin, martyr et évêque de Toulouse (IIIe siècle)

Editorial du Père BELAMBO - Février 2015

Réponse à une question...

Quelqu’un m’a posé cette question : « Comment se fait-il que le récit de la création parle de deux arbres : l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien du mal (Gn 2, 9) » ?

C'est curieux de trouver deux arbres pour un seul milieu !

Car, en toute rigueur géométrique, il ne peut y avoir qu’un seul centre à un jardin.

Dans tous les cas, il faut se mettre en tête que la Bible n’est pas un livre d’histoire ou des sciences naturelles sur les débuts de notre monde. Elle raconte une expérience du salut.

De prime abord, notons que cette position de deux arbres au centre du jardin donne à comprendre que ce jardin (qui est la terre que nous habitons) n’est pas la propriété de l’homme, mais de Dieu. L’homme est gardien d’un magnifique jardin dont il n’a pas la propriété. La vie est don de Dieu. L’homme est comme un « dieu », il sait, mais il n’a pas la vie. L’arbre de la vie lui est inaccessible, malgré sa connaissance du bien (ce qui est bon) et du mal (ce qui est mauvais).

En second lieu, remarquons que les deux arbres sont associés à un commandement. Le choix entre la vie et la mort est un choix entre le bien et le mal : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance » (Dt 30, 19). Ce choix est au cœur de la vie. C’est tous les jours qu’il faut choisir la vie, et pour cela renoncer aux œuvres de mort. C’est tous les jours qu’il faut choisir la liberté, et pour cela renoncer à la recherche de tous les possibles. Car la liberté ne consiste pas à faire tout ce qui est possible, mais elle est une force intérieure qui permet d’aller à la rencontre du prochain dans la différence.

C'est tous les jours qu’il faut choisir l’amour, et pour cela renoncer au repliement sur sa propre expérience.

D’après les Pères de l’Église, s’il y a deux arbres au même endroit, c’est qu’ils se croisent en prenant la forme d’une croix. Pour les chrétiens, la croix est le lieu de la rencontre de la vie et de la liberté. Elle est au commencement et à la fin. Elle est surtout au milieu du jardin et du monde. Les chrétiens sont invités à l’inscrire au centre de leur vie. Choisir le Christ, c’est choisir la vie et avoir accès à la vie éternelle. Abbé Jean Belambo, curé.

Publié le 29/01/2015 par Benjamin Grosjean.