Aller au contenu principal

Cindy, permanente et active

24 ans et déjà une belle palette d’expériences professionnelles. Avec son diplôme d’éducatrice spécialisée en poche, Cindy Chevillot arrive avec son énergie et son sourire pour occuper le poste de permanente au sein du Mouvement rural de la Jeunesse Chrétienne. Rencontre.

«Je suis encore jeune !» Sur le ton de la plaisanterie, mais avec un brin de défi, Cindy Chevillot évoque l’époque encore récente où elle était étudiante. Il faudrait être bien mal intentionné pour la contredire : la nouvelle permanente du MRJC, titulaire d’un diplôme d’éducateur spécialisé, n’a que 24 ans ! Engagée en novembre dernier en tant qu’agent de développement de la vie associative, Cindy est d’ailleurs amenée à mettre sa jeunesse à contribution : c’est qu’il en faut de la vitalité quand on doit officier dans deux bureaux distants de soixante-dix kilomètres… L’un est dans les Vosges, à Épinal, tandis que l’autre se situe en Meurthe-et- Moselle, au Domaine de l’Asnée. Si la jeune femme passe «autant de temps dans les deux départements», ses responsabilités s’exercent également au niveau régional, le Mouvement n’ayant plus de permanent ni en Meuse, ni en Moselle. Faut-il y voir le déclin du MRJC ? «Il y a un dynamisme à alimenter, explique Cindy Chevillot. En Meurthe-et-Moselle par exemple, je me rends compte qu’il y avait des jeunes motivés. Mais comme il n’y avait plus personne pour les encadrer, beaucoup se sont essoufflés.» Le Mouvement doit ainsi composer avec un monde en mutation où les dynamiques demandent à être régulièrement entretenues pour ne pas subir un effondrement fatal. « Les jeunes peuvent vite en venir à laisser tomber, ajoute Cindy, d’autant que la plupart d’entre eux sont investis dans d’autres activités, sportives, culturelles ou musicales. Sans oublier qu’ils sont souvent très pris par leurs études.» D’où l’intérêt d’avoir un permanent en contact avec le terrain.

Soutenir ceux qui en ont besoin

Le terrain, la jeune femme le connaît bien. Après des études de psychologie puis d’éducation spécialisée à l’IRTS de Nancy, elle travaille pendant un an dans le domaine de la prévention. Dans le secteur de Charmes, Vincey et Portieux, Cindy, elle-même issue d’une commune rurale des Vosges, s’occupe d’individus en rupture avec la société. «J’allais à la rencontre des jeunes en voie de marginalisation pour essayer de créer un lien avec eux, pour les soutenir et leur donner envie de se consacrer à des projets. Ces jeunes n’allaient plus dans les MJC, ne fréquentaient plus les associations. J’essayais de mettre les uns et les autres en relation.» Bien que Cindy se soit éloignée de l’éducation spécialisée en devenant salariée du MRJC, ses compétences devraient être mises fortement à contribution, tant il y a à faire en matière de création de liens. «Il y a encore trois équipes en Meurthe-et- Moselle avec lesquelles je suis en train de prendre contact, explique-t-elle. On va également refaire une équipe dont je serai l’animatrice jusqu’à ce qu’un jeune prenne le relais.» Malgré tout le travail qui reste à entreprendre, l’agent de développement porte un regard débordant d’enthousiasme sur les opportunités offertes par le Mouvement : «Moi qui n’ai pas connu le MRJC dans ma commune quand j’étais plus jeune, je me dis que c’est dommage. Quand je vois ce que le Mouvement propose, je réalise que je suis sans doute passée à côté de quelque chose. Par exemple, dans les Vosges, une équipe a monté l’année dernière sa propre association et met en place un projet de tourisme solidaire au Burkina Faso. Ce sont des initiatives très loin de notre réalité locale et qui permettent de s’ouvrir au monde.»

Logo

80 ans… et après ?

L’année 2009 s’annonce particulièrement chargée pour Cindy Chevillot. Outre «l’organisation début mai, au niveau régional, d’un week-end sur l’emploi», elle doit aussi préparer, avec les différentes équipes de Lorraine, un bel anniversaire : c’est en effet en 1929, que la JAC – Jeunesse agricole chrétienne dont est issu le MRJC – est apparue, avec pour principale préoccupation d’améliorer les conditions de vie des jeunes paysans. Bien sûr, en 80 ans le monde a changé. La vie rurale a vécu de profondes mutations et les questions des jeunes ne portent plus sur les mêmes problématiques. Le Mouvement en est d’ailleurs conscient et engage régulièrement un travail de recherche afin de définir ses orientations. Mais depuis les origines, un point reste inchangé : les jeunes animent et gèrent eux-mêmes les projets. Ce sera encore le cas à Moriville, le 12 septembre prochain, pour cet anniversaire qui s’annonce à la fois respectueux du passé et tourné vers l’avenir. Ouvert à tous, l’événement se veut fidèle aux principes du MRJC, en faisant notamment le défi de promouvoir une société plus juste et solidaire. Tout au long de la journée, les jeunes des différentes équipes lorraines proposeront des animations, des débats, des spectacles et des expositions autour du développement durable et solidaire, de l’histoire du Mouvement, des projets des jeunes et de la foi. «Une équipe vosgienne prépare notamment une pièce de théâtre sur l’environnement, précise Cindy. On permet vraiment aux jeunes de s’exprimer et de donner vie à leurs idées, c’est très motivant. » Si cet événement verra les jeunes exercer pleinement leur citoyenneté, il sera aussi pour le grand public l’occasion de (re)découvrir un Mouvement de jeunesse dont les projets sont on ne peut plus d’actualité. Le MRJC a peut-être 80 ans, mais il ne compte pas s’arrêter là.

Nicolas Dufour
Reproduit avec l’aimable autorisation
d’Eglise 54.
Publié le 21/04/2009 par Alice.