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Lundi 22 octobre
Saintes Elodie et Nunilon
Martyres à Cordoue (✝ 851)

Témoins vosgiens

Acteurs diocésains - Missionnaires - Saints(es) et Bienheureux(ses) vosgien(ne)s


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Des acteurs dans le diocèse

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Ils sont laïcs ou religieux et participent activement à la vie de l'Église dans les Vosges. Témoignages.


- Cathy Gabet : Tous concernés, tous acteurs !
- Jean Belambo : Allons vers ce jour nouveau !
- Marie-Françoise Haumonté : Vivre l'Evangile au quotidien !
- Bernard Michel : S’engager pour donner à espérer !
- Marie-Ange Petitgenêt, disciple de Jésus
- Robert Henry, le prêtre, l'ami de toujours
- Hubert Demange, solide pilier de soutien de Notre Dame de Champ
- Sophie Chevalley, pilote de Festi Jeunes
- René Paragon, centenaire, rêve d’un monde de vérité
- Marie-José Millery, retrouver la confiance, ou l’itinéraire d’un recommençant.
- Suzanne Madre et Jeanine Perrin, un tandem de réconfort
- Claude Antoine, trésorier bénévole, ne compte pas son temps !
- Olivier Bourion, un prêtre parmi d'autres prêtres
- Louis Boucher, un regard vers demain
- Michèle Marchal prend l’accueil à cœur
- Philippe Roux, un regard de joie
- Les Soleils d’Éliane Klein
- Céline, témoignage d'une catéchumène
- Betty Bourion tisse une toile tout en couleurs
- Roselyne Vancon : " parlez d'eux ! "
- Claudine Mathieu, un capitaine sur le pont
- Le printemps de la foi de Flore Fayon
- Bernadette Grandemange, femme de diacre
- Laure Desforges, avocate sans frontières
- Cécile Strubhart, éducatrice pour enfants handicapés
- Corinne et Jean-Louis Chotard, membres des Équipes Notre-Dame
- Christian Vacelet, compas et boussole en mains
- Anne-Marie Etienne, telle une petite abeille !
- L’écoute bienveillante de Sœur Thérèse, des Hospitalières du Saint-Esprit
- Claire Fauvet-Muller, des mains et un cœur en or
- Sœur Ika, à l’Accueil du Pèlerin
- Daniel Claudon "Il faut croire en soi"
- Évelyne Spittler, ou l’art de vivre une retraite des plus actives
- Françoise Esplat porte des fleurs au chœur
- Anne Dufala, de l’or dans les mains !
- Agnès Canal cultive le présent pour les fruits de demain
- Daniel Claudon cible toujours plus de communication

Tous ces articles ont été publiés dans le magazine « Eglise dans les Vosges ». En vous abonnant , vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.


Les Missionnaires

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Ils sont laïcs ou religieux. Tous sont Vosgiens partis découvrir d'autres cultures, d'autres pays pour nourrir leur foi. Ils nous donnent régulièrement de leurs nouvelles. Parcours à découvrir.


- Sœur Geneviève Lapierre, Clarisse en Ouganda
- Les sœurs Noël, missionnaires, racontent...
- Quelques nouvelles des bords du Mékong
- Comment penser la mission aujourd’hui ?
- Prière pour construire l’Eglise de demain
- Prière d’Afrique
- Colette Simonin : paroles de Côte d’Ivoire
- Lettre de Bénédicte
- Nouvelles des missionnaires pour la nouvelle année
- Les nouvelles de fin janvier
- Équateur et Algérie : Nouvelles de nos missionnaires
- Delphine et Mathieu en Centrafrique
- Claire, lettre d’Oran
- Michel Lynde
- Sœur Marie-Agnès d'Haïti, "espère en Dieu quand même"
- Pierre Prévot du Burkina Faso
- Sœur Cécile, missionnaire en Afrique, dernier adieu
- Sœur Marie-Thérèse Baudoin, missionnaire en Égypte - nouvelles de mai
- Jean-Marie Lapierre, revenu du Burkina Faso
- Sœur Geneviève Boyé, des nouvelles du Brésil
- Sœur Angela, nouvelles du Mexique
- Vœux de Michel Lynde depuis les bords du Mékong
- Pierre Petitfour écrit de Mingana, Congo
- Sœur Colette Simonin, au cœur de la Côte d’Ivoire
- "Regard sur l’année" par Pierre Prévot
- Sœur Jeanne Bastien écrit de Oran, Algérie
- Sœur Myriam-Agnès Leblond, 83 ans, écrit d’Argentine
- Du monastère de Sœur Geneviève Lapierre en Ouganda
- Sœur Marie-Odile Gigant écrit du monastère de Diabo au Burkina Faso
- Sœur Geneviève Boyé, 88 ans, écrit de Confresa
- Ouverture d’une communauté religieuse à Haïti


Les Saints(es) et Bienheureux(ses) vosgien(ne)s

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Pour que chacun puisse connaître l’histoire des saints des Vosges, l’ouvrage du chanoine Laurent “Ils sont nos aïeux” (Ed La vie diocésaine de Saint Dié, 1980) a fait l’objet d’une saisie complète pour le site du diocèse. Merci au chanoine-défunt pour son érudition qui trouve un prolongement sur internet et merci à Astrid Ficher pour la saisie.

Les saints sont présentés ci-dessous selon un ordre chronologique

Avertissement
Nous publions ici selon un ordre chronologique les biographies de nos aïeux dans la foi d’après l’ouvrage du Chanoine André Laurent publié en 1979.
Vous trouverez parfois des références ou allusions à des articles qui suivent celui que vous lisez.


17/11/14 Marie-Françoise Haumonté : Vivre l'Évangile au quotidien
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La Dernière Guerre mondiale n’était pas encore déclarée lorsque Marie-Françoise Haumonté naquit en 1939 à Châtel-sur-Moselle. Ainée de quatre frères, elle tomba immédiatement dans le grand bain de ceux qui portent leur attention aux autres. Fervents catholiques, ses parents, d’origine modeste, firent le choix d’inscrire leurs enfants à l’école publique. Intégrer le privé ne permettait pas à l’époque de recevoir des bourses destinées aux études. Marie-Françoise se souvient parfaitement que si dès 6 ans elle jouait à la maîtresse d’école, c’est qu’elle nourrissait déjà le rêve de devenir enseignante. Surveillante à Toul, elle poursuivra son cursus scolaire par correspondance tout en se dirigeant finalement vers l’enseignement général technique. Un choix qu’elle définit par un besoin inné de porter une attention toute particulière vers les enfants en nécessité d’être épaulés. Professeur, durant une vingtaine d’années, Mme Haumonté aima mettre en pratique ce qu’elle désigne comme « une laïcité positive ». Un idéal qui oblige au respect des origines, de la liberté de pensée, et des convictions de chacun. Restée célibataire, Marie-Françoise n’envisagea jamais de devenir religieuse. Elle demeurait cependant en quête de vivre sa foi et le service du pardon mutuel au quotidien. Elle explique que lorsqu’elle fit connaissance en 1978 la Communauté des Béatitudes, elle comprit qu’elle venait de rencontrer la voie qu’elle recherchait. « Un absolu dans le quotidien du peuple de Dieu. » Certaine de son choix, elle fit alors sa demande de mise en disponibilité. Quelques années plus tard, en 1992, la Communauté d’Autrey ouvrait le Foyer vocationnel saint Augustin. Elle s’en vit confier la direction et sut faire profiter les élèves de cette fibre pédagogique qui vibrait en elle. En bâtissant des programmes scolaires capables de mener les jeunes gens jusqu’au baccalauréat, elle obtint un taux de réussite à cet examen qui fut constaté et salué par les instances académiques. Il en fut ainsi durant plusieurs années. Curieuse de poursuivre dans son expérience, elle choisit ensuite de rejoindre une communauté en Belgique où elle vécut encore son métier avec passion et bonheur. Les années passaient, une année sabbatique lui fut profitable. « L’éducation pour moi, c’était terminé, je ne me sentais plus en phase. Il me fallait passer un cap, faire face en toute conscience à mon propre vieillissement que je sentais venir… En 2009, je suis revenue à Autrey, je rentrais chez moi… »

Osons ce que nous sommes !

Ses valises à peine posées, Marie-Françoise fut désignée par le Père Marchal comme responsable des visiteurs de malades et « parachutée » à l’hôpital de Rambervillers. « Ce fut véritablement un nouveau monde, au travers ma réflexion et tout un travail de retour sur moi même, j’avais accepté mon vieillissement, ma propre mort… J’étais entrée dans une autre dynamique… Ici, je suis très entourée, je me sens chez moi, dans une vie de prières. C’est important, car si je peux donner, c’est parce que je reçois beaucoup. Je ne vivrais sans doute pas aussi bien si je n’avais pas eu cette proposition. Ce fut une superbe opportunité… » Devenue aumônier de l’établissement rambuvetais, Mme Haumonté oeuvre en lien avec le prêtre. Des bénévoles apportent un concours apprécié. « Je me rends sur place sans aucun plan, je suis prête à rencontrer les gens comme ils sont… À les écouter, les faire rire parfois, les amener à tolérer à pardonner… Ce n’est pas toujours facile, mais mon maître mot reste disponibilité. Lorsque je donne la communion, je réponds à leur demande… Lors du sacrement des malades, une personne qui n’avait pas communié depuis 47 ans a souhaité recevoir le Christ… Ce fut un grand moment pour toute l’équipe… Cette dame était illuminée par sa joie. Une petite graine avait été semée… Je vis tout cela dans la réciprocité et cela me comble. Je rentre toujours chez moi plus riche et heureuse qu’en partant… » Madame Haumonté se réjouit des rencontres proposées par le diocèse, des réunions destinées à échanger les expériences… « Ce qui me nourrit aussi c’est toutes ces formations qui nous sont apportées… On ne peut pas aller à l’hôpital qu’avec de bons sentiments. Les lois, des façons d’aborder les malades, les familles, mais aussi la Direction et le personnel hospitalier nous sont apprises… Être “Laïque en mission” c’est pour moi un véritable bain de jouvence… » Le monde évolue. « Nous sommes dans un tournant sociétal. Il faut que les chrétiens gardent leur place. Nous n’avons pas à gommer ce que nous sommes, sans prosélytisme… On ne rejoint pas l’incroyant en mettant ses propres convictions dans sa poche. Osons ce que nous sommes !Être chrétien et heureux de l’être... Soyons un témoignage souriant. C’est pareil avec les enfants, il est inutile de jouer les ados avec eux. Les jeunes souffrent souvent de ne plus rencontrer de vrais adultes. Être bien dans ce que l’on a choisi. » Les grands yeux bleus de Françoise s’illuminent. Elle saisit des bonheurs simples comme la douceur printanière d’un rayon de soleil caressant un massif de perce-neige en fleur. « Cette joie intérieure qui nous anime, c’est probablement ce que l’on peut laisser de meilleur… » Josée Tomasi-Houillon



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13/11/14 Bernard Michel : « s’engager pour donner à espérer ! »
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Originaire de Dommartin-les-Remiremont où il naquit second d’une fratrie de trois enfants, Bernard suivit une scolarité technique. Très tôt, il fit preuve d’un esprit chrétien qui le pousse au service de l’autre. C’est donc presque tout naturellement qu’en 1968 plutôt que de porter le fusil, il choisit de réaliser l'appel sous le drapeau dans la coopération à Madagascar. « Un choix personnel enrichissant sur le plan humain et utile qui devait durer 24 mois. » Il le prolongera d’un an pour continuer à dispenser l’enseignement secondaire. De retour au pays, Bernard Michel trouva un emploi et intégra l’usine Michelin de Golbey. Marié en 1972 à Anne-Marie, M. Michel se vit proposer en 1974 une affectation en Auvergne où son entreprise lui destinait un autre poste. Ce fut donc le déménagement. « Cette région est magnifique,nous nous y sommes très vite beaucoup attachés. Nous nous sommes aussi très rapidement intégrés dans la paroisse… » Institutrice, Mme Michel se chargeait du catéchisme. Le couple rejoint la chorale de Royat, une ville proche de Clermont Ferrant et s’adonna à de multiples activités en rapport avec la liturgie. « Le chant fait partie du bien physique et psychologique, il permet d’évacuer le stress… » L’aumônerie,l’accompagnement de jeunes et du prêtre de la paroisse sur les terrains de foot, les kermesses à organiser… il en fut ainsi durant 21 ans. En 1995, une mutation était de nouveau proposée pour un retour au sein de l’unité de Golbey. Bernard Michel retrouva donc ses Vosges natales où il avait pied à terre et réinstalla son foyer à Dommartin. Bernard se rapprocha de l’équipe d’animation et de la pastorale de la liturgie : « L’objectif est aussi que vive le plus possible l’Église locale ! » Coordinateur paroissial sous la houlette du Père Piotr, M. Michel se sent à l’aise dans sa fonction. « C’est tester l’organisation et l’ajuster en fonction de la capacité de chacun. La configuration locale est importante, une équipe ne ressemble pas forcément à une autre. Il est important d’établir une ligne directrice de façon à ce que les gens puissent travailler ensemble… »

D’autres approches, d’autres cultures

Bernard s’attache à prendre à la lettre l’orientation promulguée par le pape François et à l’intérieur de laquelle le Saint-Père demande la plus grande solidarité fraternelle envers les plus démunis. « Dans ce prolongement, il convient de porter son attention sur la façon dont l’Évangile est annoncé aux gens du coin… C’est au pied du Saint-Mont qu’est partie l’évangélisation du secteur de la montagne. Comment continuer l’oeuvre des anciens, sans doute de façon différente, mais dans son prolongement ? Avoir un curé polonais nous aide en nous permettant d’accéder à d’autres approches… L’Église est confrontée aux différentes cultures… Aujourd’hui quels moyens utiliser pour que des gens se laissent toucher par le message de l’Évangile ? Que perçoivent-ils de ce qui se passe ? C’est un vrai challenge, il nous faut sans arrêt nous remettre en question en essayant d’éviter les polémiques souvent levées sur des sujets superficiels… » une tâche très riche pour les bénévoles Bernard Michel développe également beaucoup d’énergie aux côtés du Secours-Catholique et de ses ateliers d’insertion. Le plus souvent envoyés par la Mission locale, des jeunes gens de 18 à 25 ans, souvent en grande précarité et totalement déstructurés de la famille, de la société, sont accueillis. Des travaux de menuiserie, couture, jardin… contribuent à remettre le pied à l’étrier. Sollicité par Claude Marchal pour épauler ce programme, Bernard se réjouit de voir progresser la trentaine de garçons et filles. « C’est une tâche très riche pour les bénévoles. Nous les voyons cheminer vers davantage de confiance et une meilleure capacité de rencontrer un employeur. » Membre du M.C.C (Mouvement Chrétien des Cadres) au sein de l’équipe de Remiremont où l’on réfléchit ensemble à des problématiques actuelles, M. Michel y exerce aussi des responsabilités pour le secteur Vosges. « Il faut bouger et s’engager pour donner à espérer ! » Son aide ponctuelle, ses conseils, sollicités par le diocèse notamment lorsqu’il s’agit de recrutement, de points législatifs sur la vie salariale, sont appréciés, car toujours très précis, impartiaux et mesurés. « Toutes ses activités sont passionnantes ! Retraité depuis 2009, je ne me suis jamais ennuyé ! Quand je veux me vider la tête, je jardine... J‘ai toujours eu une vie dans l’entreprise, je ne conçois pas la vie sans engagements. La retraite ne me préoccupait pas… Ce qui m’interroge c’est quand les gens s’accrochent à des choses figées… J’ai réalisé des pèlerinages, voyez comme ces figures que l’on y retrouve ont engagé leurs existences… l’immobilisme c’est la mort. La retraite n’est pas faite pour être un temps de consommation, chacun a sa place à tenir… »

Josée Tomasi-Houillon



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07/07/14 Marie-Ange Petitgenêt, disciple de Jésus
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"J'aurais voulu être un homme, j'ai toujours regretté de ne pas être un prêtre !" Dieu en a voulu autrement.

Le 29 août 1931 à Olichamp, près de Remiremont, Édouard et Madeleine Petitgenêt donnaient naissance à une fille qu'ils baptisaient Marie-Ange. "Heureusement que mes parents n'ont pas choisi l'indication du calendrier de ce jour-là, car je me serais appelée Décollation de saint Jean-Baptiste !" s'amuse Marie-Ange dont le prénom n'est cependant pas issu du hasard. Sa mère qui s'était soumise à la décision de son paternel avait abandonné sa vocation de devenir soeur Marie-Ange.

L'époque était différente de la nôtre. Marie-Ange Petitgenêt en conserve des souvenirs ciselés et intacts. Avec une émotion toujours vive, elle évoque son père, un garçon qui partit à la guerre en 1912 et ne rentra chez lui qu'après 8 ans de souffrances. Le pauvre homme se tua en 1944 en chutant d'un grenier. En ce temps-là, on ne "s'écoutait" pas. On tenait tête au destin en retroussant ses manches et en priant Dieu. Avec sa maman et Geneviève, sa cadette, Marie-Ange releva le défi de garder la ferme familiale. "Je pensais me marier !" La jeune femme prit pour époux celui à qui elle comptait donner six enfants. Du fait de l'homme, le mariage ne fut jamais consommé. Le divorce fut prononcé, mais encore fallait-il que l'Église reconnaisse la nullité de cette union. Cousin de son beau-père, le prêtre à qui Marie-Ange confia son désarroi ne fut pas à la hauteur de l'événement. Peut-être ne perçut-il pas le drame intérieur de celle qui demandait de l'aide. Les expertises médicales et psychiatriques se succédèrent. L'enquête du tribunal diocésain fut bâclée. Au point qu'un chanoine bienveillant cria au déni de justice. En l'assurant de son soutien, il conseilla à Marie-Ange d'écrire au pape. Une quinzaine de jours plus tard, le facteur déposait une grande enveloppe aux sceaux du Vatican. Paul VI avait rendu son honneur à celle qui s'était adressée à lui. "Toute cette histoire fut une chose terrible dans ma vie. Je considère que c'est un miracle si je n'ai pas perdu la foi !" Marie-Ange Petitgenêt qui ne s'exprime pas dans la dentelle invite à se connaître avant de s'engager. Pour sa part, elle conserva sa virginité et ne se remaria jamais. "Chat échaudé craint l'eau froide !" dit-elle d'une boutade en tirant sur sa bouffarde. "Je fume depuis cette époque, le tabac m'a aidée à me consoler !"

Incollable sur Vatican II

L'appel du Christ interpelle parfois là où on l'attend le moins. Une religieuse aurait revêtu la robe et porté le voile. Inconsciemment peut-être, Marie-Ange Petitgenêt fit don à Dieu de toute sa féminité. Une casquette vissée sur la tête, elle prit la bêche et bossa comme un forçat attaché à la ferme. Le monde évoluait, à 49 ans, Marie-Ange dut chercher un emploi. Elle devint concierge de l'entreprise Cracco à Mirecourt avec la permission du patron de garder son chien. Un beau Berger allemand qu'un automobiliste tua cruellement. "Si je ne retrouve pas mes chiens en paradis, cela ne sera pas le paradis..." Retraitée depuis début 1993, elle habite depuis dans la petite maison qu'elle s'est achetée avec ses économies au coeur de Dogneville. Son domicile lui ressemble. Chaleureux quand on prend la peine de le connaître, sincère, sans fioritures. Autodidacte, Marie-Ange qui n'est jamais allée en classe et qui reçut seulement l'enseignement dispensé par sa maman lit le latin. Incollable sur Vatican II, le concile mis en chantier par Jean-XXIII la passionne.

Érudite, elle se régale des ouvrages du Père Lagrange, fondateur de l'École biblique de Jérusalem. "Son livre, l'Évangile de Jésus Christ, a ravivé ma foi !" Sa curiosité intellectuelle la pousse aussi à ouvrir les pages du "Canard enchaîné". Lorsqu'elle consulte "Golias" pour y découvrir le palmarès, si d'aventure le nombre de mitres attribuées ne lui convient pas elle ne craint pas d'écrire son sentiment à l'éditeur.

Cette petite femme aux vues parfois révolutionnaires sait cependant obéir. Elle fit le catéchisme parce qu'on lui demanda, prépara à la Confirmation, porta la communion à domicile... mais cessa lorsque l'Église le lui commanda. Entre les promenades avec son chien et le temps passé dans ses montagnes de bouquins, Marie-Ange ne s'ennuie pas. La fraîcheur de ses idées décoiffe d'un vent de renouveau qu'elle voudrait sentir souffler sur l'Église et la Curie. "J'attends de François qu'il mette au pas ces sacrés bonshommes... Quand le fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur terre ?"

Chaque mois, Marie-Ange apporte un concours infaillible à notre journal Église dans les Vosges en produisant la chronique "Il y a 50 ans".

Marie-Ange Petitgenêt n'a pas pour habitude de se révéler. Elle, dont l'existence ressemble par moment à un véritable chemin de croix, connaît la grâce de ceux que Jésus a désignés pour transmettre de la joie de croire et d'espérer. Ce portrait, elle n'en voulait pas, mais l'amour de Dieu et l'amitié l'ont poussée à changer d'avis. Chrétienne pétrie de foi, Marie-Ange ne se livre pas pieds et poings liés, mais en fraternité. "Je témoigne humblement".

Josée Tomasi-Houillon

Marie-Ange nous a quittés le 5 juillet 2014 pour rejoindre Dieu



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04/02/13 Claude Antoine, trésorier bénévole, ne compte pas son temps !
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Natif de Fresse sur Moselle dans les Hautes-Vosges, il n’était âgé que de 17 ans lorsqu’il est entré dans la profession d’employé de banque. Il quittera son village natal à 20 ans et prendra un premier poste à Épinal en 1964. Il sera ensuite nommé à Cornimont. En 1973, sa carrière le conduira de nouveau à Épinal jusqu’en 1980. Muté à Nancy, il y travaillera pendant 18 ans. Il ira aider à la comptabilité de la paroisseSaint-Joseph.

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Au travers nos épreuves, la vie nous dirige parfois vers des passerelles inattendues. Après un veuvage douloureux, Claude se mariera en secondes noces avec Françoise. Une épouse qui sut lui donner la main et ouvrir son coeur aux quatre enfants de celui dont elle allait partager l’existence. Tous deux cultivent à présent l’art d’être treize fois grands-parents. Cinquante mille opérations par an Claude se souvient parfaitement de la création de sa paroisse en 2001. Dans une chronique dominicale, le comptable Jean-Claude Perrin lançait un appel pour trouver un collègue. “J’ai alors pensé que j’étais en capacité de rendre service. Ma candidature fut acceptée par l’économe diocésain. J’ai donc commencé à remplir mes fonctions de trésorier en 2002. C’est un travail qui demande bien sûr de se charger des factures, mais pas seulement. Il est aussi nécessaire d’être en lien avec différents organismes comme EDF ou encore le fournisseur en gaz. Il est indispensable de nourrir des contacts locaux. Les comptes sont très compliqués. Il me faut réaliser environ cinquante mille opérations par an !”

Pas simple de gérer un organigramme réglé comme du papier à musique ! Les comptes de la paroisse sont centralisés tous les jeudis matin. Le trésorier analyse chaque aspect les données qui lui sont fournies. Avec un regard tout particulièrement aiguisé sur l’évolution des frais. Le cas échéant, il s’applique à débusquer le moyen de les réduire. L’ensemble de ce méticuleux travail demande des dizaines heures par mois. Saint-Goëry se compose de 9 communautés : Saint-Maurice, Saint-Antoine, Notre Dame, Golbey, Chantraine, La Sainte-Famille du Saut le Cerf, Saint-Paul, la Justice, Sainte Maria Goretti et Saint-Laurent. Toutes présentent des fiches de liaison avec les détails des recettes, des quêtes, des dépenses… chacune gère son patrimoine.

“C’est une lourde charge, mais j’aime les chiffres. Il y a aussi des points très positifs. Lorsque l’on se retrouve en comptabilité ou en conseil économique avec les curés, les comptables et l’intendant bien sûr nous devons débattre des investissements en analysant chaque ratio. Ce sont plusieurs milliers d’euros qui sont gérés à l’année. Mais nous partageons une ambiance amicale très sympathique.” Claude Antoine se réjouit d’apporter sa contribution. “J’aime rendre service à l'Eglise. Je suis croyant et j’admire le travail des prêtres. Ils ont beaucoup de mérite. Les moyens financiers sont affaiblis par le recul des quêtes, environ 5 % de moins par an. L’argent du prix des offices, la vente de cierges, les dons laissés dans les troncs, quelques legs apportent un soutien appréciable. Au sein de la paroisse, des associations se dévouent pour dégager des bénéfices en organisant des kermesses, des lotos…” Le trésorier de Saint Goëry n’ignore rien des difficultés de laminer les charges fixes. “Dans l’esprit de beaucoup de gens, l’Église est riche. Je peux vous dire que c’est faux ! Au sein de nos paroisses, l’argent manque et nous avons besoin des paroissiens pour tenir le coup. Je remarque aussi que c’est souvent ceux qui donnent le moins, ceux qui sont les moins proches, qui sont le plus exigeants !”

Claude se montre intransigeant. “Je suis un trésorier économe !” Mais, les chiffres sont implacables, pas d’argent pour abonder la caisse, pas de miracle, les besoins demeurent ! Retraité après une carrière exemplaire qu’il termina comme conseiller financier, Claude rencontre maintenant des problèmes de vue. D’où son souhait de décider quelqu’un à l’aider.

Ténor à la chorale de la basilique, M.Antoine s’investit dans un beau spectacle produit tous les deux ans. La philatélie, la marche, la pratique du vélo, passer du temps dans son chalet de Ramonchamp lui apportent des plaisirs simples. Lui qui se définit comme un statisticien apprécie les performances de l’athlétisme, ou encore du biathlon qu’il suit à la télévision. Claude Antoine additionne encore bien des qualités humaines et professionnelles. Mais, chut ne lui dites rien, car toute la modestie qui l’honore en souffrirait sans compter !

Josée Tomasi-Houillon

06/08/12 Daniel Claudon, ancien sportif olympique : "il faut croire en soi"
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Les Jeux Olympiques ! Comment s’y prépare-t-on ? Le Bressaud Daniel Claudon témoigne de son expérience de champion et d’entraîneur de biathlon. Pour lui, le sport doit rester un plaisir.

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Fusil au dos, ils filent comme des flèches. Puis ils s’allongent sur la neige, visent, appuient, puis reprennent leur course. « Comment font-ils pour tirer et skier ? », s’émerveille le profane. « Rien de dur », réplique Daniel. «Si l’on a un bon état physique, on peut tirer en biathlon tout en étant essoufflé. A trop réfléchir, la concentration diminue !» Pour tenir le choc, « Il faut s’oxygéner en prenant de grandes inspirations puis expirations ! » Voilà. A entendre le vétéran, le biathlon, c’est simple comme bonjour. Une simple question de travail, d’entraînement, de connaissance et de maîtrise de soi. De plaisir aussi. Le ski, pour le jeune paysan de la Bresse, c’était l’opportunité d’une sortie : « Je vivais dans une ferme retirée. » Ni télé, ni internet dans les années 50 : « Nos parents ont eu une vie très dure : l’usine à douze ans, un double travail. » On s’entraidait : « Tout le monde participait à la vie de la famille. » L’éducation de l’enfance compte beaucoup : « On n’attachait pas beaucoup d’importance à la souffrance physique : on sait que ça passe. » De quoi favoriser l’éclosion de la graine de champion.

Tireur le plus rapide

Le sport, c’est une fenêtre sur le monde. C’est aussi une scène où l’on peut s’exprimer. Moyennant pas mal de répétitions. Adolescent, Daniel s’exerce au tir en solitaire, « dans un coin de sa maison ». Histoire de progresser dans la maîtrise de sa technique : « J’étais passionné par le tir. J’y passais beaucoup de temps. J’avais un chronomètre, je m’entraînais pour être le meilleur. Si on n’a pas le mental en matière d’effort à l’entraînement, on n’y arrive pas en compétition. » En 1964, Daniel se lance pour de bon : « Je suis entré dans la brigade spéciale des Douanes ; ainsi, je pouvais faire de la compétition ». Devenu le tireur le plus rapide du circuit, il livre volontiers ses secrets à ses coéquipiers du relais, passant outre les inévitables jalousies et rivalités. Les résultats suivent. Individuels et collectifs. En 1968, le Vosgien retrouve son « jumeau » Jean-Claude Killy aux Jeux Olympiques de Grenoble : « il est né le même jour et la même année que moi ! Lui était sélectionné pour l’alpin, moi pour le biathlon. » Le relais décroche la dixième place au classement général.

Un message de plaisir

En 1970, Daniel, classé meilleur tireur, arrache une 5e place au championnat du monde individuel, et l’équipe de relais vosgienne remporte le championnat de France. L’année suivante, l’athlète Bressaud se hisse à la 4e place aux championnats du monde : une profonde satisfaction. En 1973, il arrête la compétition pour raison de santé. Il devient entraîneur de l’équipe nationale des juniors. Son message auprès des jeunes ? « Le plaisir ! Pour accéder au haut niveau, il faut beaucoup de travail, des années de préparation – et beaucoup de temps, mais un temps ludique, dans un esprit de jeu, d’émulation entre athlètes, sans chercher la performance immédiate. » Avec ses ouailles, l’entraîneur insiste sur la technique, la nécessité de bien se connaître pour savoir ses limites : « Il faut croire en soi. Certains athlètes gèrent très bien l’effort dans la course, entre tir et vitesse de ski. En compétition, on oublie le championnat ou la coupe du monde : on vit dans sa bulle. On fait son schéma de tir, on est dans son tir. »

Accepter la vie

Près de 40 ans après, Daniel vibre encore de la passion qui l’a si longtemps animé au service des jeunes et de ses complices du relais. Le temps a passé. Le sélectionné des JO de Grenoble a vu partir, non sans déchirement, ses compagnons de la grande aventure du ski vosgien au cours des années 70 : les fondeurs Luc Colin, de Bussang, Michel Didierlaurent, de Rochesson, et Philippe Baradel, de Gérardmer. Disparus également, son complice de l’équipe de biathlon, Jean-Claude Viry, les frères Gervais Poirot et tout récemment le rayonnant Gilbert Poirot, auquel il restait très lié. Autant de Vosgiens foncièrement dévoués à la cause des jeunes et du sport. De quoi méditer sur les valeurs authentiques de la vie : la culture des vertus sportives a généré de nombreux fruits. Contrairement à certains athlètes, issus d’Europe de l’Est, les skieurs français ont toujours rejeté le recours aux produits dopants. Une pépinière de champions, à l’instar d’Yvon Mougel, de Rochesson, a éclos sur la trace des pionniers vosgiens. Toujours moniteur de ski à Gérardmer, Daniel Claudon continue à communiquer sa flamme avec passion. Animateur de l’équipe pastorale de la Bresse, il souligne que le sport aide à accepter les aléas de la vie : « Je suis dans l’acceptation de la vie comme elle est, dans l’acceptation de la difficulté ou de bonnes choses. La vie est quand même quelque chose d’extraordinaire ! »

La foi est elle un soutien quand on est sportif ?

Désormais, on voit couramment des joueurs de tennis et de football faire le signe de croix avant de se lancer dans l’arène : « A mon époque, je voyais rarement des athètes se signer ! Que des sportifs osent afficher leur foi, c’est quand même une nouveauté », observe Daniel Claudon : « Aujourd’hui, on affirme plus sa foi, on en parle plus, même dans le privé ; ce n’est plus tabou. Cela peut paraître paradoxal, au moment de la désaffection des églises ! Auparavant, même si on allait à la messe autant que possible –ce n’est pas toujours compatible avec les horaires des sportifs – on ne discutait pas de religion entre nous ! » Daniel note l’émergence de toutes sortes de groupes dynamiques, d’initiatives diverses, au sein des paroisses au cours des dernières années : « Beaucoup de groupes alphas permettent aux chrétiens d’approfondir leur religion. On s’ouvre vers les autres. » Sa foi, Daniel ne l’a jamais mise en jeu lors de ses compétitions : « Je ne considérais pas les résultats sportifs assez importants. Ma foi, j’en ai besoin pour assumer ma vie. Quand j’ai des difficultés, je sollicite de l’aide en me mettant sous la protection de l’au-delà, du Christ et de Dieu. Ce que j’ai toujours demandé, c’est que les choses se passent le mieux possible. »

_ Interview recueillie par Jean-Paul Vannson

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Cet article a été publié dans le magazine « Église dans les Vosges ». En vous abonnant , vous êtes informé-e et vous soutenez l’information et le dialogue dans le diocèse.

02/04/12 Ouverture d'une communauté religieuse à Haïti
Les sœurs de la Providence de Portieux ont ouvert une communauté à Plassac sur l'île d’Haïti. Sœur Claudine PETITJEAN nous envoie des nouvelles sur les débuts de leur insertion :

"...Notre maison était ornée de phrases : "Bienvenue à la Congrégation providence" en espagnol et français. Des récipients remplis d'eau nous ont été prêtés...puis par la suite nous avons compris toute la difficulté d'avoir de l'eau et de faire des réserves. Nous sommes dans la période sèche, très sèche, des tempêtes de vent arrivent les soirs, font tout voler de nos installations, et ce vent dessèche tout.
En positif il n'y a pas un moustique pour nous embêter car pas un dé à coudre d'eau stagnante (à la différence des Cayes). Eugénia veut faire un jardin mais la terre est trop sèche et il faut d'abord clôturer l'endroit car nous sommes visités en permanence par les cabris, les poules, les cochons noirs, ils sont chez eux et ce n'est pas notre présence étrangère qui les gêne.

Après les premiers jours où la nourriture nous arrivait comme cadeau de bienvenue, maintenant nous apprenons à gérer le peu qui existe; du pain existe, mais très vite sec. Nous mangeons du riz, des légumes secs cuit le plus souvent au "four solaire"...Notre gaz propane est à consommer avec modération car la recharge est problématique. Nous avons également un réchaud à pétrole qui marche très bien mais noircit toutes nos casseroles.
Nous faisons bouillir pour la boisson car le goût de chlore est peu agréable. De temps en temps nous trouvons des bananes, des pamplemousses, des œufs, pas un morceau de viande.
Notre petit oratoire est agréable, Eugénia a orné le tabernacle de façon "royale". Nous prions sur des nattes de paille de riz. L'office est en créole mais nous intégrons des chants en espagnole et en français. Eugénia connaît certains chants que je propose. Chacune prend son tour de cuisine et de prière, ainsi que le ménage.

Depuis notre arrivée nous avons visité l'école: deux classes maternelles et 7 primaires. Les enfants vont à l'école de 3 ans à 15 ans. Pour le village de Plassac ce n'est pas trop un problème pour rejoindre l'école mais pour les villages de la montagne, c'est autre chose. La distance et les moyens financiers son des obstacles énormes...
Une école protestante existe aussi à Plassac ; je n'ai jamais entendu parler d'école publique! Ici les instituts religieux sont nombreux à tenir les écoles. Si les instituts religieux sont nombreux à tenir les écoles, beaucoup ont eu à construire et forcément avec des fonds venus de l'extérieur.

Puis nous avons visité le dispensaire qui est financé par une organisation suisse (genre caritas). Cela semble très bien conçu, tout le personnel est haïtien, un médecin, des infirmières, des auxiliaires et du personnel technique, seul le dispensaire a de l'électricité. Ils organisent aussi ce qu'ils appellent le système "clinique mobile", qui consiste à rejoindre les villages trop éloignés.
Le médecin avec des infirmiers partent à cheval avec une trousse de pharmacie, pour soigner. Le dispensaire dessert 65 villages, mais dans chaque village il y a des agents de santé et des matronnes. La matronnne de Plassac est ... un homme! Il a reçu une formation de six mois et quand un cas difficile se présente il appelle la maternité la plus proche qui envoie une ambulance. Mais pour les villages qui ne peuvent être rejoints qu'à cheval ou mulet, par des sentiers rocailleux, vous imaginez le problème. Pour terminer avec le dispensaire, une maternité est en construction.

A la journée mondiale des femmes qui fut fêtée avec fanfare et défilé, 3 infirmières ont profité de ce grand rassemblement pour refaire de la prévention pour le choléra qui ne manquera pas de réapparaître dès la saison des pluies; prévention aussi des MST dont le sida qui est bien présent à Haïti. J'ai trouvé cette initiative très responsable.

J'apporte un bémol à cette structure de soin bien organisée. Là aussi le curé et les responsables de la communauté de Plassac, disent que la réalité est moins positive. Bien que pour l'accès aux soins il ne leur est demandé que la somme de 40 gourdes : 5 = moins de 1 euro, beaucoup ne se soignent pas et ne voient la gravité des problèmes de santé que trop tard...et ma mission peut se situer à ce niveau: au cours des visites que nous effectuerons auprès de la population, repérer les problèmes de santé et les accompagner au dispensaire, et suivre au plus près la suite. Quant aux expéditions vers les villages de montagne, ils restent peu fréquents "disent les paroissiens" alors le problème sanitaire reste crucial; en période de choléra des bénévoles apportent leur aide. Les morts ont été nombreux l'année passée.

Puis nous avons commencé les visites des familles avec un accompagnant pour faciliter la communication. Nous visitons sans distinction les chrétiens cathos, les protestants et les Vaudous (croyance venue d'Afrique). Ici à Plassac la communauté chrétienne nous apparaît bien importante, elle reste minoritaire dans cette région reculée où le vaudou est bien plus ancien et semble actif. Des prières et des chants au tam-tam, bercent certaines de nos nuits et, en ce moment, c'est la période des sacrifices de bêtes.

J'ai oublié de dire que notre maison est l'héritage d'un missionnaire canadien d'une église protestante pas connue, il a échoué et est reparti, "c'était trop exigeant" disent les gens. Notre communauté paroissiale est très dynamique, on se rassemble tous les dimanches pour une célébration en l'absence de prêtre, avec homélie presque aussi longue qu'un prêtre haïtien, pas de communion.
Dans ce contexte, ou à la fois ce qui existe marche bien, mais reste très insuffisant pour subvenir à tous les besoins, par manque des moyens et de par la situation géographique, notre présence ne peut avoir de réponse "efficace", mais notre présence aimante, ouverte et attentive à ce qui fait leur vie, leurs difficultés, leurs projets est ce qu'ils attendent de nous, les accompagner, les soutenir, c'est ce que le curé nous a signifié.

La population est en majorité rurale, une partie de la jeunesse est absente soit pour les études, soit pour trouver du travail en ville. Les femmes font de petits commerces: oignons, tomates, condiments, quelques légumes. Beaucoup de femmes descendent de la montagne soit à pied, soit à mulet, pour aller vendre le contenu de leur cuvette portée sur la tête. Elles font 5 à 6 heures de marche jusqu'à Petite Rivière et le tout de leur cuvette ne peut rapporter plus de 50 gourdes soit 10 euros... Comment développer une agriculture sans eau ni moyen de collecter qui ne manquera pas de dévaler, abîmant chemin et terrain à la saison des cyclones!

Le gouvernement est de nouveau en difficulté avec le premier ministre qui a démissionné et le président en difficulté avec sa double nationalité.

Sœur Aparécida (Providence) est revenue à Haïti et prend en charge un orphelinat à Petite Rivière avec des coopérants Brésiliens. Il y a 8 enfants et bientôt 10. L'organisation en est à ses débuts. Aparécida est en lien avec 7 jeunes qui "regardent" notre famille religieuse...les choses ont besoin de mûrir, mais si nous n'avons pas à devancer les chemins de la Providence, nous pouvons quand même nous réjouir des signes qu'elle nous fait... et Eugénia est une maîtresse de novices!

En espérant bonne réception de ces quelques événements de départ, je vous demande, bien sûr, de prier pour notre bonne insertion et que nous soyons attentives aux besoins de ce peuple.

Sœur Claudine