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Mercredi 23 juin
Sainte Etheldrede
Abbesse, fondatrice d'Ely (✝ 679)

Présentation et stations du chemin de croix de l'église Notre-Dame au cierge

Le Chemin de Croix de l'église Notre Dame au cierge d'Épinal est très symbolique.

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Monsieur Leyritz, artiste parisien, s'est inspiré à la fois des Évangiles et des révélations de Catherine Émmerich, une stigmatisée, qui vécut en Allemagne au début du 19ème siècle.
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À travers des moulages d'un alliage à base de plomb, de quelques 80 cm de côté, il faut découvrir la richesse de chaque station en partant de la gauche de la nef (sacristie) pour gagner la droite de cette nef et aboutir au baptistère.

Le Christ est campé devant nous à la première et à la dernière station. Partout ailleurs, sa présence nous est suggérée par les instruments de la Passion : la croix, la couronne d'épines, un cercle de fer qui l'enserre et auquel sont fixées les cordes destinées à le tirer.

Abbé Roger OHNIMUS


Jésus est condamné à mort

Jésus est chargé de sa croix

Jésus tombe sous le poids de la croix

Jésus rencontre sa mère

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Véronique essuie le visage de Jésus

Jésus tombe pour la deuxième fois

Jésus rencontre des femmes en pleurs

Jésus tombe pour la troisième fois

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Jésus est cloué à la croix

Jésus meurt sur la croix

Jésus est descendu de la croix

Jésus est mis au tombeau

Jésus est condamné à mort

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Il avait tellement dit de vérités à qui voulait l'entendre qu'on ne pouvait plus le tolérer .
Il avait même osé se dire Fils de Dieu, roi d'un royaume qui n'est pas de ce monde ; c'en était trop.
Pour calmer les adversaires, le pouvoir en place le fait d'abord flageller, les soldats se jouent de luI.

Ils jettent sur son dos un manteau écarlate, auréolent sa tète d'une couronne d'épines et, en guise de sceptre, passent un roseau dans les cordes qui lient ses poignets.

Sur les marches de son palais, dans le secret espoir de le libérer, Pilate le montre ainsi à la foule.

"Voici l'homme !"

Jésus, ici, parait grand, solide.
Effectivement il s'impose à tous et donne l'impression de les dominer. N'est-il pas le Juste, par excellence,qui confond ces accusateurs ?

"Quel mal a-t-il donc fait ?" demande désespérément Pilate.

On connaît la réponse : "Crucifie-le !"

Sous la pression de l'opinion publique, Pilate cède.
Mais, comme pour décliner toute responsabilité, il s'en lave littéralement les mains en disant :
"Je suis innocent de son sang, c'est votre affaire."



Jésus est chargé de sa croix

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Pilate vient de regagner ses appartements. La cour du prétoire, le trône impérial sont vides.

L'heure est venue.

Les trompettes de la garde romaine sonnent le départ du cortège.

Pour revêtir Jésus, la couronne d’épines lui a été momentanément enlevée. Quelqu’un la porte au bout d’un bâton en attendant d’y fixer le motif de la condamnation, en langage hébraïque, grec et romain :


« Jésus Nazoréen rex judéorum , Jésus de Nazareth Roi des Juifs. »

Prisonnier d’un cercle de fer auquel sont fixées deux cordes, Jésus, flanqué de sa croix, est tiré en avant car il s’agit d’avancer.




Jésus tombe sous le poids de la croix

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Jésus tombe prés de la porte, appelée Porte des Brebis, parce que, par elle, on les mène à la piscine où on les lave avant de les conduire au Temple, pour le Sacrifice.

Il y a un ruisseau souterrain qui alimente en eau la piscine. De grandes dalles le recouvrent.
Cependant l'eau filtre par endroits dans l'intervalle des pierres.
Jésus glisse et tombe.
Dans sa chute, la couronne d'épines se détache. On va, bien sûr, la lui remettre.
On dirait que l'environnement bascule ; les maisons sont de travers. Elles sont vues, comme pour le Christ, dans l'étourdissement provoqué par la chute. On reconnaît au fond la Tour de David.
Cette chute près de la Porte des Brebis est pleinement significative.
La porte est désormais fermée : qu’importent à présent les sacrifices d'animaux.
La vraie brebis qui va être immolée, le véritable Agneau de Dieu qui sauve les hommes et leur donne accès au Père, c'est bien Jésus le Christ.
Ne disait-il pas :
"Je suis la Porte des Brebis, personne ne va au Père sans passer par moi; si quelqu'un entre par moi il sera sauvé."

Jésus rencontre sa mère

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Le cortège passe par de petites rues étroites, chaotiques, où l'on avance lentement, ce qui permet à Jésus d'apercevoir plus longuement sa mère et d'apprécier ainsi plus que jamais la présence et l'amour de Celle qui ne lui a jamais fait défaut. Ils n'ont pas besoin de se parler pour se comprendre.

Jadis Jésus avait posé à la foule l'étonnante question :

"Qui est ma mère ?"

comme pour mieux signifier ce qui fait sa vraie grandeur : suivre le Christ jusqu'au bout.

Marie est représentée ici dans le probable type oriental qu'elle pouvait avoir. On lui donne à ce moment là entre 45 et 50 ans.
Quand on souffre terriblement, la moindre présence, même silencieuse, même impuissante, d'un être cher est un réconfort car on sait qu'il est là pour partager notre douleur, communier à notre peine, prendre un peu sur lui notre fardeau pour nous en soulager, ne serait-ce que quelques instants.

C'est exactement ce qu'exprime cette scène. Jésus est apaisé, réconforté dans sa souffrance, on dirait quIl est allégé de sa couronne d'épines.
Celle-ci, par contre, s'enfonce dans les mains et le cœur de Marie qui ferme les yeux pour mieux compatir.

"Elle se tient debout devant lui et lui offre son âme à lire. Il n'y a rien en elle qui refuse ou qui retire, pas une fibre en son cœur transpercé qui n'accepte et ne consente.
Et comme Dieu lui-même qui est là, Elle est présente."

(Paul Claudel)

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

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On traverse une sorte de place, de carrefour. Jésus ne tombe pas mais chancelle.

Pour le soutenir, les soldats réquisitionnent un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs. Il portera la Croix, derrière Jésus,

Comment Simon a-t-il répondu à cette réquisition : en maugréant, en protestant contre les soldats, en vitupérant contre ce condamné pour lequel il lui fallait perdre du temps et user de ses forces ?

Nous ne le savons pas.

Quoi qu'il en soit, pour le Christ, c'est une sorte de soulagement passager, un moment de fraîcheur désaltérante. Ce que voudraient symboliser à la fois et le léger éloignement de la couronne d'épines et la présence de cette fontaine rafraîchissante à tête de lion. Mais c'est en même temps la raison d'être, au premier plan de ce chien hargneux, symbole des protestations, des vociférations de la populace et des ennemis du Christ.

Véronique essuie le visage de Jésus.

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Séraphia, celle qu'on appelle familièrement Véronique, est une grande dame, belle, majestueuse.
Elle serait la femme de Sirach, membre du Conseil du Temple. Elle habite une maison cossue devant laquelle le cortège va passer.
Très connue pour sa noblesse de cœur, elle n'hésite pas, se précipite au-devant de Jésus et lui essuie le visage avec son écharpe de cou.

Personne évidemment n'ose l'en empêcher. Son geste, qui vaut tous les discours, traversera les siècles et pour cause. Du haut du ciel une main divine la bénit.

Séraphia emportera avec elle les traits de la Sainte Face.
Elle n'oubliera jamais ce regard de Dieu qui s'imprime en elle ... tandis que sa fille adoptive accourt et tente vainement de porter à Jésus un vase qui contient un vin aromatisé que sa mère a préparé pour le réconforter.
Qu'importe ! Elle portera le vin jusqu'au Calvaire.

Le crucifié y portera ses lèvres mais ce sont les soldats qui le boiront.

Jésus tombe pour la deuxième fois

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La montée au Calvaire s'accentue.On arrive à la sortie de la Ville dont on aperçoit les remparts d'enceinte.

Entourée de quelques amies, Marie, qui n'en peut plus, s'arrête un instant et se cramponne après la porte d'une maison voisine tandis qu'un bourreau la nargue en lui montrant les clous du supplice.

Jésus a du le remarquer.
Il souffre encore plus de voir sa Mère accablée à son sujet et soudain, il tombe. Son heure approche et déjà le ciel se voile de quelques nuages.

Nous sommes toujours impressionnés par ces chutes successives de Jésus mais comme on les comprend ! Conscient que personne n'arrêtera sa torture, la moindre défaillance le projette à terre.

Comme ces chutes mettent bien en évidence la démobilisation d'une communauté, le péché d'omission collective.

Jésus rencontre des femmes en pleurs.

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Cette fois, on est sorti de la ville et on va gravir le Calvaire.
Simon fait reposer le poids de la Croix sur le sol car Jésus est très affaibli.
Un groupe de femmes est là. Elles se lamentent et pleurent, avec un enfant dans les bras.

Que peuvent-elles faire de plus que pleurer, d'autant plus que c'était une coutume, parfois rétribuée, en Orient. .
« Oui », précise Jésus, « pleurez… à condition de pleurer non sur moi mais sur vous et sur vos enfants car si l'on traite ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec ? »,
de ce bois que l'on aperçoit sur la gauche, qui se dessèche et se dépouille peu à peu de ses feuilles, symbole d'inutilité.
Jésus n'en dit pas plus car les bourreaux s'impatientent et tirent sur les cordes qui cerclent Jésus à la ceinture.
Il faut faire vite car, de plus en plus, les nuages s'épaississent et le temps s'assombrit.

Jésus tombe pour la troisième fois.

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Jésus, pressé comme un fruit, s'effondre.
Certes, c'en est fini du portement de croix ! On renvoie Simon brutalement. Heureusement, on est presque arrivé au sommet du Calvaire. Mais le plus dur reste à faire.

Il faut hisser le condamné sur le dernier rocher en haut duquel sont déjà préparées les croix des larrons.
Pour endiguer la foule, le centurion, à cheval, dispose les soldats de garde aux cinq chemins d'accès, symboles des chemins de grâce qui sortiront tout à l'heure des cinq plaies du Crucifié

Jésus est dépouillé de ses vêtements.

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Il n'y a plus qu'à dépouiller Jésus de sa tunique. Elle est collée aux plaies dont la flagellation et le portement de croix l'ont couverte.
Les bourreaux la détachent violemment et l'on devine un peu la silhouette de Jésus. _ Le voilà nu comme un ver, transparent de pureté et de laideur.




« La main est portée sur Dieu ; la chair de Jésus tressaille. L'univers, en sa source atteint, frémit jusqu'au fond de ses entrailles. » (Paul Claudel)

Le soleil commence son éclipse.

Un jeune homme fend alors les rangs des soldats et tend à Jésus un linge qu'on attache autour de ses reins et qu'il pourra garder jusqu'à sa mise au tombeau.
Puis il s'en va aussi précipitamment qu'il est venu.

Jésus est cloué à la croix.

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Quelle scène d'épouvante !
Le genou sur le cœur du supplicié, comme pour mieux cadrer la victime sur le bois, le bourreau enfonce un premier clou.
Le corps de Jésus, à demi disloqué, craque et crie.

"Cette main que le bourreau tord, c'est la droite du Tout-puissant;
Il lie l’Agneau par les mains et les pieds :
Il attache l'Omniprésent".

(Paul Claudel)

Cette fois la nature se déchaîne.
L'orage éclate, les éclairs sillonnent le ciel. La terre tremble, les ténèbres recouvrent la ville.

À trois heures de l'après-midi, on se croirait à la fin d'un monde. Et c'est la fin d'un monde.

Sans même s'en rendre compte, l'homme, en Jésus, vient de clouer, de tuer son propre péché.

Jésus meurt sur la croix.

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Comme ces héritiers cupides qui n'attendent même pas le dernier soupir d'un parent pour se partager, voire même se disputer ses affaires, ainsi les soldats, au pied du condamné qui se meurt, tirent au sort sa tunique sans couture.

Jésus est de plus en plus seul.
Son Père l'aurait-il abandonné ?
Jean, ne vient-il pas de prendre en charge sa mère ?



Il est le Pauvre que la mort lentement empoisonne.
Il s'affaisse et son front fléchit peu à peu.

La terre craque et s'ouvre par endroits.

L'éclipse de soleil est totale, la nuit complète.
Déjà, la couronne d'épines, symbole de souffrance, a disparu.
D'invisibles mains recueillent dans des calices le précieux sang, ce sang versé pour que les hommes aient la Vie et la Vie en abondance.

C'est pourquoi, au plus noir de la détresse, brillent déjà les étoiles de l'espérance.

Jésus est descendu de la croix

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On le croyait abandonné de tous.
Immédiatement après sa mort, deux amis se révèlent : Joseph d'Arimathie, un homme riche qui était devenu disciple de Jésus et Nicodème, ce pharisien notable qui venait consulter Jésus la nuit.

On est souvent surpris par des gens qui se manifestent au moment où on ne s'y attend pas.

N'est-ce pas du Centurion romain que sort le premier acte de foi ?
"Cet homme était vraiment le Fils de Dieu !"

Dans sa fidélité discrète, Joseph est allé trouver Pilate et lui a demandé l'autorisation d'ensevelir son ami dans un tombeau neuf qu'il s'était fait creuser, tout près de la butte, dans le rocher.
Avec l'aide de Nicodème, il détache le corps de la croix et le descend pieusement dans un grand linceul. On dirait que la couronne d'épines est mystérieusement emportée en gloire.

La vie va reprendre son cours normal.

Les nuages se dissipent.

Le soleil, qui réapparaît, éclaire Jérusalem.

Jean, à qui Jésus vient de confier sa mère, la soutient pour redescendre vers la ville.
Marie-Madeleine est encore prostrée.
Un grand silence les enveloppe tous : silence du recueillement, silence de l'absence au sein duquel s'opèrent des transformations immenses.

Jésus est mis au tombeau.

La scène est vue d'en haut.

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À cette dernière station, nous voici à nouveau devant Jésus le Christ. Mais quel Jésus Christ ?
Devant Jésus le Nazaréen mort, que caresse une dernière. fois sa mère, que Marie-Madeleine pleure et Jean, Joseph d'Arimathie et Nicodème embaument dans le linceul.
Et en même temps devant le Christ Seigneur, debout, déjà nimbé de gloire.

La pierre du tombeau est aussi bien celle que les soldats s'apprêtaient à sceller au rocher le soir du Vendredi-Saint, que celle que les femmes ont trouvée, basculée, au matin de Pâques.

Ainsi le Chemin de Croix n'est pas une fin mais un passage :
"Ne fallait-il pas que le Christ souffrit avant d'entrer dans sa gloire ?"
Le voici maintenant avec nous jusqu'à la fin des temps.