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Dimanche 26 mai
Saint Bérenger
Moine de Saint-Papoul (✝ 1093)

La légende de Corcieux

LA LEGENDE DU NOM DE CORCIEUX
Chaque fois que l'on attribue un nom à un lieu, à un Village, ou à un bâtiment, il y a une raison. Très souvent, près de chez nous, les noms de villages et les lieudits rappellent le nom d'une plante ou d'un arbre. De même, ce n'est sans doute pas par hasard que l'on dédie une église à un saint particulier. On peut se demander pourquoi la Vierge Marie dont nous célébrerons la fête tous les 15 août dernier, a été choisie comme patronne de la paroisse de Corcieux.

Les documents historiques ne le précisent pas, mais voici la légende que l'on contait autrefois, le soir à la veillée, légende recueillie sans doute par Pierre Gillon, ancien instituteur.

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Au lieu-dit les Jointures s'élevait depuis plusieurs siècles la célèbre abbaye fondée par Déodat, Quand des marcaires **, au Val de Galilée vinrent s'établir dans notre pays. Des cabanes s'établirent sur les pentes avoisinant le marécage et si les hommes peinèrent pour défricher un soi peu fertile, ils connurent une indépendance qui avait bien son prix. Heureusement, pour ces braves gens que la chapelle St Jacques n'était pas très éloignée, Et c'est l’ombre de la chapelle qu'ils pouvaient se reposer après une vie de dur labeur. Cela durait depuis bien longtemps, mais tous avaient l'espoir qu'un jour une église s'élèverait dans leur village qui commençait à prendre de l'importance.

Un évènement inattendu précipita les choses. Un vendredi alors qu'il essartait des corres non loin du rupt (un corre est un noisetier; en latin -noisetier se dit corylus et rupt veut dire ruisseau), un habitant connu pour sa grande piété, se trouva soudain en présence d'une statue de la Vierge Marie tenant Jésus dans ses bras. Elle était droite, n'ayant pas souffert des intempéries et les rameaux, harmonieusement disposés, lui faisaient une niche de verdure.

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Aussi vite que le vent, la nouvelle se rependit dans toute la vallée. Ce fut alors de longues files de gens venant vénérer la sainte image que personne ne connaissait ni de vue ni d'oui dire. A n'en pas douter c’était un signe de Dieu, et tous, animés d'une grande foi, tombèrent d'accord sur la nécessité d'élever une église où prendrait place " Cette doulce image de Nostre Dame». On ne pouvait guère attendre. Aussi de suite on se mit en devoir de choisir l'emplacement du nouveau sanctuaire. Le monticule entre les deux ruisseaux, là ou se trouve actuellement le cimetière, était un endroit rêvé, dominant le marécage et visible de tous les points de la vallée à plusieurs lieues à la ronde. La statue de la Vierge fut transportée en procession et placée sur un autel provisoire. Elle présidait aux travaux qui allaient commencer et stimulait l'ardeur de toute la population qui voulait lui faire l'offrande de son travail.

Quand les pieux ouvriers arrivèrent pour se mettre à l’œuvre mais la statue avait disparu. L'idée d'un vol sacrilège ne vint à personne, mais ce fut dans tout le village "grande consternation". Heureusement la Vierge fut retrouvée à l'endroit même où elle avait été découverte, au pied du buisson de corres. Elle reprit sa place sur son socle mais le jour suivant on la retrouva à nouveau.

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Dans les "corres sise" (assise sous les noisetiers). Il est clair que l'église devait s'élever sur le lieu du miracle. -Ce fut alors "grand ravissement" de voir toute la population au travail, telle une ruche bourdonnante. Aussi la nouvelle maison de Dieu abrita bientôt la statue si Vénérée et on l'appela : ‘NOSTRE DAME DE CORRE SISE’. Certains prétendent que c'est là l'origine du nom du village qui s'appela ‘CORRESI’ en ces temps là et qui donnera le nom de ‘CORCIEUX’.

Jacques Clavier

** Marcaires : Ce sont les exploitants agricoles du massif vosgien élevant des vaches laitières pour la production du fromage de Munster.
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Publié le 14/03/2014 par Papier.