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Mardi 18 janvier
Sainte Marguerite de Hongrie
princesse hongroise, moniale dominicaine (✝ 1270)

Les villes et leur territoire d’influence en Lorraine

L’INSEE vient de publier plusieurs études (*) sur le nouveau zonage en aires urbaines de 2010 qui démontrent la poursuite de la périurbanisation et la croissance des grandes aires urbaines. Pour la Lorraine et les Vosges, nous reprenons ici quelques éléments du N°269 d’Économie Lorraine d’octobre 2011 consacré à ce sujet.

La construction de ce zonage en aires urbaines repose sur l’identification de pôles où se rencontrent les emplois, et la définition de leurs aires d’influence fondée sur les déplacements domicile - travail, et sur la continuité du bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions).

En 2010 la Lorraine compte 40 pôles (unités urbaines de plus de 1 500 emplois) qui se répartissent en :

- 17 grands pôles avec plus de 10 000 emplois dont Epinal, Saint-Dié et Remiremont - 5 pôles moyens comptant de 5 000 à 10 000 emplois dont La Bresse, Le Thillot et Gérardmer pour les Vosges - 18 petits pôles comptant de 1 500 à 5 000 emplois dont Neufchâteau, Mirecourt, Vittel, Rambervillers, Bruyères et Contrexéville.

Avec leurs couronnes respectives, ces 40 pôles forment 40 aires urbaines rassemblant 1.768.000 habitants et 734.000 emplois soit 45 % de la population et 85% des emplois de la région.

Dans le classement national des 30 plus grandes aires urbaines (grands pôles de plus de 10.000 emplois et leurs couronnes) l’aire urbaine de Nancy avec ses 434.200 habitants en 2008 ne se classe qu’en 20ème position et celle de Metz avec 389.600 habitants ne figure qu’au 24 ème rang.

Les aires urbaines vosgiennes - Grandes aires Avec 93.060 habitants en 2008, l’aire urbaine d’Epinal arrive en 5ème position après Nancy, Metz, Thionville et Forbach. Elle englobe tout le canton de Dompaire, pénètre dans celui de Bruyères et se développe en direction de Charmes et de Châtel-sur-Moselle. L’aire urbaine de Saint-Dié (52674 habitants) est sur le point d’absorber les cantons de Fraize et de Provenchères-sur-Fave, et s’étend vers celui de Moyenmoutier. Le pôle de Saint-Dié a doublé sa population en neuf ans quand sa couronne en a perdu tout autant, car l’agglomération déodatienne s’est étendue à des communes limitrophes. La troisième grande aire urbaine, Remiremont, ne possède pas de couronne et regroupe 22 037 habitants dans son seul pôle. - Aires moyennes Parmi les aires urbaines moyennes, sans couronne également, l’aire de La Bresse regroupe 25 414 habitants avec celle de Vagney depuis que la continuité du bâti entre les deux agglomérations est établie. Viennent ensuite les aires du Thillot (16 315 hts) et Gérardmer (10 287 hts). - Petites aires Elles s’échelonnent de 12 621 à 3 480 habitants avec Neufchâteau, Mirecourt, Vittel, Rambervillers, Bruyères, et Contrexéville.

La place des communes rurales

Le zonage 2010 propose une définition du rural différente de celle du zonage en vigueur précédemment :

- Une commune est rurale si elle n’appartient pas à une unité urbaine - Une unité urbaine repose sur la continuité du bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et une population d’au moins 2.000 habitants.

Selon cette nouvelle définition, en 2008 la Lorraine compte 1.948 communes rurales qui couvrent 80% du territoire régional et rassemblent 645.000 habitants, soit 27% de la population (jusqu’à 56% en Meuse). La part des ruraux dans la population est identique à celle observée au niveau national.

Si les pôles sont uniquement constitués de communes urbaines, plus de 90% des communes formant leurs couronnes sont des communes rurales. L’espace rural, défini désormais comme tout ce qui n’appartient pas à une agglomération, est le plus dynamique lorsqu’il est situé à proximité des pôles, mais il est touché par le vieillissement de sa population lorsqu’on s’en éloigne.

Une aide pour la restructuration du territoire ? Le nouveau zonage en aires urbaines confirme l’extension géographique des villes et la concentration des lieux de travail. En même temps, il illustre l’interdépendance entre les pôles d’emploi urbains et leurs territoires périphériques. D’une manière plus large, l’éclairage qu’il apporte sur notre façon d’habiter et de vivre l’espace peut trouver son prolongement dans le débat actuel sur la structuration du territoire en espaces intercommunautaires (communautés urbaines, communautés d’agglomérations, communautés de communes) et l’élaboration d’outils d’aménagement (schémas de cohérence territoriale).

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(*) Pour en savoir plus :

— Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010 : Poursuite de la périurbanisation et croissance des grandes aires urbaines, Insee Première n°1375, octobre 2011.

— Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010 : On peut vivre à la campagne et être sous l’influence des villes, Insee Première n°1374, octobre 2011.

— Le découpage en unités urbaines de 2010 : L’espace urbain augmente de 19% en une décennie, Insee Première n°1364, août 2011.

Site Internet : http://www.insee.fr

Publié le 21/12/2011 par Georges Beaujon.